Le sale business des cellules souches

Alzheimer, parkinson, cancers, autisme… Les cliniques étrangères proposant des pseudo-traitements à base de thérapie cellulaire sont en pleine expansion. Les constats d’échec s’accumulent. Parfois, les constats de décès aussi.

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Pour un miracle, tapez “cellules souches” dans Google. L’embarras du choix. Cancers, sclérose, diabète, alzheimer, parkinson, autisme, démence… Aucune maladie, même la plus incurable, ne semble résister aux injections de ces néo-toubibs étrangers. Il faut dire que ces cellules indifférenciées – notamment présentes dans la moelle osseuse – capables de générer des cellules spécialisées et, donc, théoriquement, de remplacer n’importe quel tissu malade  promettent monts et merveilles. “Certaines entreprises les fournissent à des prix oscillant entre 50.000 et 200.000 dollars”, affirme l’une de ces cliniques, basée à Bangkok, à titre de publicité comparative. Et de relater l’histoire de ce Néo-Zélandais atteint de sclérose en plaques qui a déboursé – justement – 200.000 dollars dans un hôpital de Singapour, ou de cet autre patient souffrant d’une lésion de la moelle épinière et dont la facture au Panama se montait à 50.000 dollars. Sans résultat. “Notre protocole inclut 6 injections de cellules souches mésenchymateuses de cordon ombilical pour la moitié du prix du Panama.” Avant de vanter leur option “stimulation épidurale”. “Au total, notre traitement par cellules souches + stimulation épidurale coûte moins de 80.000 dollars pour un rétablissement intensif en 45 jours!” Une affaire… Prétextant souffrir de la maladie d’Alzheimer, on contacte donc l’une de ces cliniques par e-mail. Une heure plus tard, notre téléphone sonne. Rushan, un charmant “consultant en traitements” nous prie de lui envoyer notre dossier médical. Tous les espoirs restent permis. Du moins, aux plus nantis. Cet hôpital nous propose en effet des injections au tarif de 25.000 euros.

Des médecins garagistes

Combien de patients belges se font injecter des cellules souches à l’étranger? Les différentes institutions fédérales et universités que nous avons contactées ne semblent pas s’intéresser au phénomène. “Cette  pratique ne relève pas de notre compétence, précise l’Agence fédérale des médicaments et produits de santé (AFMPS). Un patient a tout à fait le droit d’aller se faire soigner dans un autre pays selon la législation locale en vigueur.” À la Ligue SLA Belgique, cet organisme d’aide et d’information sur la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot, en revanche, on se montre plus bavard. “Nous devons communiquer sur ces thérapies tous les jours!, lâche Dirk De Valck. On essaie de décourager les patients en leur disant que c’est trop coûteux, inefficace et très dangereux. Mais ils préfèrent souvent y croire…” 

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