The Weeknd au Sportpaleis : de la voix mais pas de show

Le Starboy a enchaîné tous ses tubes dans une mise en scène particulièrement sobre. La seule folie est venue du public.

 

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Toronto a donc envoyé la même semaine ses deux stars interplanétaires en Belgique. Dans les statistiques (chiffres de vente, vues sur Youtube, followers, streamings…), Drake et The Weeknd dominent sans contestation aucune le show-business. Pourtant, l’un comme l’autre nous ont laissés quelque peu sur notre faim. Pour The Weeknd, qui a blindé le Sportpaleis ce vendredi, il n’y a rien à dire musicalement. Contrairement à beaucoup de ses pairs, Abel Teefaye ne triche pas. Il chante en live, n’a besoin d’aucun choriste pour l’appuyer et quasi pas de filtres dans sa voix. Le son est parfait et la générosité est au rendez-vous avec  vingt-six titres dont pas moins de douze chansons extraites de son dernier blockbuster Starboy. C’est du lourd, c’est du tube, c’est parfaitement dosé entre ballades et secousses rythmiques, ça donne des grands frissons. On pense à sa version d’ All I Know servie en guise d’intro, à Party Monster qui lui succède, à Starboy placé judicieusement dans le premier tiers de set et l’apocalyptique I Feel It Coming comme final de rêve. Rien que pour ces moments, et aussi pour ce mash-up incroyable formé de Secrets et Can’t Feel My Face (tiré de son album Beauty Behind The Madness paru en 2015), on ne regrette pas le déplacement.

 

Mais, pour le reste, c’est un peu juste. The Weeknd interprète la plupart de ses titres en déambulant sur un catwalk. Il ne parle quasi pas avec son public et n’a pas le moindre charisme. Son groupe est confiné sur la scène et les musiciens jouent « la note » comme de parfaits « session men ». Pour la folie, l’inattendu, le solo qui déchire, c’est raté. Idem pour la scénographie et les décors d’une banale platitude, hormis peut-être cet espèce de vaisseau spatial au-dessus de la star qui diffuse un jeu de lumières tamisées. Nous ne sommes pas fans des grosses productions, mais ici, ça fait un peu cheap et on attend autre chose d’un artiste que de tendre systématiquement son micro vers le public au moment du refrain. Cinq étoiles pour la voix et le rendu live, zéro pour le show, ça fait un concert moyen dont le souvenir sera vite dissipé. The Weeknd devrait visionner les DVD des tournées de Beyoncé pour transformer ses concerts en messes inoubliables.

 

 

 

 

 

 

 

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