Appels en absence

Le cultissime Nokia 3310, disparu en 2006, fait son grand retour. Pour le bonheur des nostalgiques, mais aussi des entreprises exploitant le filon du “rétromarketing“.

belgaimage-109143682

113 centimètres et 133 grammes à la naissance, le Nokia 3310 naît fin des années 2000 et s’est depuis vendu à plus de 126 millions d’exemplaires. Réputé pour sa solidité et la durée de vie de sa batterie (260 heures), le modèle culte est aujourd’hui relancé sur le marché de la téléphonie mobile malgré un changement significatif dans ce domaine depuis son retrait du marché en 2006. A l’heure où un habitant de la planète sur trois possède un smartphone, la téléphonie vintage attirerait encore une population nostalgique en quête de simplicité…

Modernisation du passé

HMD, le groupe finlandais qui détient aujourd’hui les droits de la marque Nokia, n’est pas le seul à tenter ce pari. Ce type de stratégie commerciale – le rétromarketing – est désormais utilisé pour d’autres produits: jeux vidéos, voitures, musique, vêtements, appareils photo…  Le principe est simple : reprendre un objet du passé et le remettre au goût du jour en y intégrant certaines fonctionnalités high-tech. C’est de cette manière que la machine à écrire Hemingwrite s’est dotée d’un écran et d’une connexion au Cloud et que la NES Classic Mini (réédition de la NES) se branche via un câble HDMI à la télévision. Pour les amoureux de la photographie, le Polaroïd a lui aussi fait son grand retour depuis quelques années avec de nouveaux modèles tel que le I-1 (Eye One) doté d’une batterie rechargeable et pilotable via une application mobile. Dernièrement c’est le secteur de l’automobile qui exploite le marketing de la nostalgie avec le lancement mondial de la Range Rover Reborn au salon Rétromobile 2017. Ce véhicule fera l’objet d’une « restauration complète fidèle aux spécifications d’origine de 1970, et à l’aide de pièces Land Rover Classic Parts pour assurer son authenticité » selon Business News.

Des nostalgiques déçus

Mais ce “recyclage“ du passé ne fait pas toujours des heureux. Ainsi, il est impossible de lire les jeux originels ni même d’en télécharger des nouveaux sur la NES mini. Nombreux aussi sont ceux déçus pas le nouveau Nokia 3310 considéré comme «une insulte à la nostalgie» selon FrAndroïd. On lui reproche son manque de solidité (qui fait partie du succès de son ancêtre), un trackpad trop petit, un écran couleur trop limité  et un appareil photo sans intérêt tant sa qualité serait mauvaise. Même le retour du jeu mythique Snake serait une déception : en couleur avec un serpent personnifié, il aurait perdu tout son charme. Pour ce qui est de la machine à écrire Hemingwrite dont l’un des arguments de vente principal est «vous voilà enfin débarrassé des notifications facebook et autres distractions en ligne», certains répondent que, à 500€ la machine, il vaut mieux couper le wifi de son laptop. Quant au Polaroïd I-1, on lui reproche l’imprécision de son viseur qui demanderait plusieurs essais pour obtenir un cadrage correct. Cela étant dit, les entreprises gagnent tout de même à faire du rétromarketing car la vente de produits associés au passé coûte moins cher que de créer une nouvelle marque, selon Experts Marketing. L’avantage de ce type de produit est aussi que le consommateur trouve un moyen de s’ancrer dans un monde où tout change de plus en plus vite.

Sur le même sujet
Plus d'actualité