Paul Furlan a pris la bonne décision

« Je présente ma démission. » Cela peut paraître trop tard, mais il l'a fait. Son gouvernement et son parti, le PS, se trouvaient dans une situation intenable depuis 15 jours. Hier soir le CDH l'avait déjà lâché. Voilà plus d'un mois que le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Paul Furlan, se trouvait dans la tourmente de l'affaire Publifin. Aujourd'hui, c'est le jour de trop pour lui « qui souhaite retrouver de la sérénité ».

Furlan ©Belga Image

Retro-acte : le 13 janvier, Paul Furlan est fâché et dit dans « l’Avenir » qu’il a été « roulé dans la farine dans le contexte des révélations sur les rémunérations des comités de secteur de Publifin. » Il demande une enquête à son administration : « Je serai intransigeant ». Deux jours plus tard, il est fragilisé par la position de son chef de cabinet adjoint Claude Parmentier, qui a touché depuis fin juin 2013 plus de 153.000 euros brut en tant qu’administrateur de Nethys SA, l’entité opérationnelle de Publifin, Le ministre a rendez-vous devant le Parlement pour s’expliquer. Il s’y montre franc mais maladroit : « Est-ce que je savais ? Je vous confirme que non. Est-ce que j’aurais pu savoir ? Évidemment oui, mais je n’ai pas cherché à le savoir ». Déclaration plus qu’étonnante à propos d’un élément aussi important de son cabinet.

Une faible défense

Pourtant ; il réfute un immobilisme en matière de contrôle de la gestion des structures tel que Publifin et du travail qui y est réalisé par les mandataires locaux : « J’ai multiplié les initiatives pour renforcer le contrôle du pouvoir local. Il existe un cadastre des mandats en Wallonie. » Après cette faible défense, la présence de sa femme dans son cabinet ainsi qu’ à la commune est dévoilée par « le Vif ». « Le ministre aurait engagé, en 2009, sa compagne en tant que « conseillère particulière » dans son cabinet. Et la jeune femme, Anne-Sophie Herbé, occupait déjà des permanences au cabinet de bourgmestre de son compagnon à Thuin. A cela, s’ajoute la présence d’autres personnes de Thuin, la ville dont il est le bourgmestre. Ce matin en présentant sa démission, il se défend : Vous avez évoqué la présence dans mon cabinet de membres de mon arrondissement électoral. Il y en a 16 qui viennent de mon arrondissement (sur 47). »

Est-ce que je savais ? Je vous confirme que non. Est-ce que j’aurais pu savoir ? Évidemment oui, mais je n’ai pas cherché à le savoir.

Depuis 10 jours sur la sellette, sa situation empire avec encore une nouvelle révélation de l’hebdomadaire : « lorsqu’il est devenu ministre wallon en juillet 2009, Paul Furlan a cédé les sièges d’administrateur de ses sociétés commerciales à Philippe Tison, un de ses plus proches amis politiques qui travaille…au cabinet du ministre Furlan ». Ce matin est il revenu sur cette situation : « Philippe Tison n’a jamais eu un rôle exécutif. Philippe est mon conseiller, il organise mes activités politiques. Il entre dans la barémisation des salaires prévue par le gouvernement. »

L’heure est à l’éthique


L’Avenir – Démission du ministre Paul Furlan par lavenir

Enfin, à toutes ces révélations, s’ajoute, une autre proximité « qui pose question ». « La Libre » dévoile que Julien Donfut, le fils de Didier Donfut (ancien ministre wallon, ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes) est le responsable de la cellule énergie au cabinet de Paul Furlan ! « Son père justement est président d’Ores scrl active dans les réseaux de distribution de gaz et d’électricité.Julien Donfut doit « contrôler » son père à la tête d’une filiale d’une intercommunale active dans le secteur. » Et cela aussi, Paul Furlan ne l’ « avait pas vu » ou pas considéré comme problématique.

Cette somme d’informations qui lui enlevait toute crédibilité,  l’empêchait de mener les importantes réformes en cours tant dans les communes et les pouvoirs locaux que dans le secteur de l’énergie dont il a la charge comme ministre. Au-delà de la légalité des actes, l’heure est plus que jamais à l’éthique… et sa démission, même en interne au PS, était vivement demandée malgré les soutiens de Paul Magnette et Elio Di rupo au cours de ces derniers jours.

Sur le même sujet
Plus d'actualité