Beate et Serge Klarsfeld, chasseurs de nazis

A l'occasion d'une semaine consacrée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, Arte proposait le documentaire Beate et Serge Klarsfeld: le combat d’une vie. Une magnifique histoire franco-allemande.

Beate et Serge Klarsfeld ©Belga Image

Une gifle. Le 7 novembre 1968, lors du 16e congrès de l’Union chrétienne démocrate à Berlin, Beate Klarsfeld s’en prend au chancelier de la République fédérale de l’époque, Kurt Georg Kiesinger. Sous Hitler, il a été directeur adjoint de la propagande radiophonique au ministère des Affaires étrangères et a adhéré au parti national-socialiste dès 1933. « Il fallait une action illégale et spectaculaire pour faire éclater la vérité. Une gifle. La gifle de la jeune génération au vieux nazi« , commente la militante. Grâce à son geste, le passé de Kiesinger est révélé au grand public.

La rencontre

Beate naît le 13 février 1939 à Berlin, l’année où son père rejoint la Wehrmacht. En mars 1960, à 21 ans, elle quitte l’Allemagne et part pour la France. Elle est à Paris depuis deux mois quand Serge Klarsfeld l’aborde dans le métro. Il est juif et a survécu à la Shoah. Leur histoire d’amour commence. Pour Serge Klarsfeld, cette union « est une victoire sur la haine anti-juive, sur les lois raciales de Nuremberg,… On épouse la femme qu’on aime. Elle est Allemande, et ben, elle est Allemande« . Serge raconte à Beate l’histoire tragique de son père, déporté en 1943 à Auschwitz et jamais revenu. C’est le point de départ de leur combat.

C’est une victoire sur la haine anti-juive, sur les lois raciales de Nuremberg,… On épouse la femme qu’on aime. Elle est Allemande, et ben, elle est Allemande.

Après Kiesinger, le couple s’attaque à Kurt Lischka, lieutenant-colonel de la SS et commandant de la police de sûreté de Paris. C’était l’un des organisateurs de la Solution finale en France, co-responsable de la déportation de 76.000 juifs. En 1971, ils se rendent à son domicile à Cologne pour le confronter à son passé et tentent même de le kidnapper pour le livrer à la justice française (il avait été condamné par contumace). Neuf ans plus tard, Kurt Lischka écopera de 10 ans de prison. Grâce à leurs enquêtes minutieuses sur les nazis, Beate et Serge traqueront notamment Klaus Barbie, ancien officier SS surnommé « Le boucher de Lyon », qui sera extradé vers la France et condamné. Ils se lanceront également à la recherche d’Aloïs Brunner, artisan de la Shoah, mais ce dernier sera caché par la Syrie.  

Ce documentaire, réalisé par Wolfgang Schoen et Frank Gutermuth, montre la force de l’engagement dont fait preuve le couple Klarsfeld depuis 50 ans, qui a d’ailleurs manqué de leur coûter la vie en plusieurs occasions. Diffusé à l’occasion de soirée Thema d’Arte « La Libération des camps », Beate et Serge Klarsfeld : le combat d’une vie est encore disponible jusqu’au 30 janvier en replay

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