« La nourriture joue un rôle de réconfort »

Stressés en permanence, nous devons lutter contre la tentation de nous réconforter en grignotant, voire en nous empiffrant. Comment pourrait-on manger mieux dans de telles conditions? Nous avons demandé son avis à un diététicien. 

Gras, sucré ©Fotolia

Diététicien et nutritionniste, professeur à l’Institut Paul Lambin, Nicolas Guggenbühl décode notre rapport contemporain à la nourriture. Un rapport biaisé aujourd’hui par le stress permanent de nos vies professionnelles, mais aussi depuis récemment, l’angoisse instillée par un climat d’insécurité généralisée. Cette dernière peut-elle avoir un impact sur l’alimentation? Aucune étude n’est disponible à ce sujet. Mais, indique le diététicien, “on peut imaginer que les gens inquiets se rassurent par une augmentation de leur apport alimentaire. Quant au stress, il peut provoquer deux réactions contraires: une surconsommation des aliments ou l’arrêt de l’alimentation. Ce sont deux phénomènes que l’on voit bien lors des blocus chez les étudiants par exemple”.

Pourquoi le fait de manger nous rassure-t-il ?

NICOLAS GUGGENBÜHL – La nourriture joue un rôle de réconfort dans les situations précaires. C’est que pendant plusieurs millions d’années l’homme cherchait à manger avant toute chose pour survivre. Évidemment, dans le contexte d’abondance actuel, dans certaines parties du monde, l’homme mange trop.

Comment désamorcer cela ?

N.G. – Il faut vraiment juste utiliser la nourriture pour ce qu’elle est… et pas pour combattre le stress ou l’angoisse. Notre société de consommation nous stimule constamment l’appétit avec les publicités. Nous devons pouvoir les décoder et en prendre conscience sans quoi l’envie de grignoter ou de goûter est constante. D’autant plus que les pubs pour les aliments sucrés sont beaucoup plus nombreuses que pour les fruits. À cela, il faut ajouter les stimuli directs comme l’odeur des gaufres à la sortie de certaines bouches de métro ou encore le carillon du glacier en rue. Depuis 50 ans, face à la diminution de l’activité physique et l’abondance d’aliments sucrés et gras, on consomme trop.

Trop de tout et surtout de sucre, le premier refuge… 

N.G. – Il y a aussi un aspect culturel puisqu’on offre plus vite un ballotin de pralines que des fleurs.

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