Le temps du cocooning

À l’ère des attentats, où se trouve le bonheur ? À la maison: refuge et valeur refuge, nid cocoonissime, emblème du style de vie à la danoise, le hygge, qui mise toutes ses bougies sur la convivialité. 

Cocooning ©Fotolia

L e mode de vie scandinave alimente le rêve, incarné en cette fin d’année par une soirée familiale au coin du feu (devant un bon film pour s’en mettre plein les yeux, un chocolat, fair-trade de préférence, ou un vin chaud entre les mains, des chaussettes en laine vierge aux pieds), par un joyeux repas entre amis à la lumière de chaleureuses chandelles, par un bain réconfortant et parfumé pris dans une lumière tamisée. L’étymologie du mot hygge vient d’un terme norvégien qui signifie “bien-être” – étendez à “cocooning”, mais aussi “tranquillité”, “sérénité”, “gentillesse” et “gratitude” pour  faire bonne mesure. Le mot date du début du XIXe siècle, lorsque le Danemark et la Norvège ne formaient encore qu’un seul pays.

Si on parle tellement du hygge en ce moment, c’est que pas moins d’une dizaine de bouquins ont été publiés en anglais pour décrire ce phénomène, grosse tendance lifestyle, dont celui de Meik Wiking, The Little Book Of Hygge, désormais traduit en français, sorti le 3 novembre dernier. Son auteur n’est autre que le fondateur de l’Institut du bonheur, à Copenhague, un think tank s’intéressant aux facteurs influençant la qualité de vie. Quand on sait que ces dernières années les Danois ont atteint  plusieurs fois la première marche du podium du pays le plus heureux au monde (selon le World Happiness Report, commissionné par l’ONU, www.worldhappiness.report), il n’est pas étonnant que leur façon de vivre soit érigée en exemple. 

Des stratégies anti-morosité

“Le hygge est une des clés essentielles du bonheur danois, déclare Wiking dans un article, il est inscrit dans l’ADN du pays, comme la liberté l’est dans celui des États-Unis.” Bon, si la comparaison tient du vrai cliché, d’autant plus malvenu depuis l’élection de Trump, le plus sudiste des pays scandinaves aurait semble-t-il développé plus que d’autres des stratégies anti-morosité. Cette sérénité, cette convivialité, cette chaleur se recherchent et se pratiquent cependant depuis longtemps, et ailleurs qu’au Danemark. Les années 80 avaient accouché du terme cocooning, pour la maison rassurante, douillette, où se retrouvait toute la famille loin des tumultes d’une société en pleine mutation. La décennie suivante déclinait le nesting (de nest, “nid” en anglais) alors que les années 2000 inventaient le hiving, (hive, “ruche” en anglais), soit s’ouvrir au monde via la technologie, tout en restant chez soi. 

Le monde n’est plus aujourd’hui en mutation, mais en crise, et elle favorise le repli sur soi. “Face à un monde désorienté, la maison nous console” déclarait Helen Russell dans une interview. La journaliste londonienne, qui a testé la vie à la danoise pendant un an, en a tiré un livre (The Year Of Living Danishly – Uncovering The Secrets Of The World’s Happiest Country), afin de comprendre la recette du bonheur nordique, qui tient à un peu plus que le hygge.

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