La campagne Bob menacée par une grève de la police fédérale

Une nouvelle enquête confirme l'efficacité de la campagne Bob.  Pourtant, cette dernière se trouve en difficulté après que le Syndicat national du personnel de police a activé un préavis de grève. De quoi gâcher les fêtes?

Contrôle de sécurité police ©Belga Image

Entre boire et conduire, il se pourrait bien qu’on ne soit plus forcé de choisir. Alors que les Belges – surtout les francophones – sont les plus mauvais élèves de la classe européenne en matière d’alcool au volant, Bob se met en grève. Au moment des fêtes. Le 15 décembre dernier, le Syndicat national du personnel de police (SNPS) – qui représente près d’un agent sur deux – a activé un préavis de grève suite à l’échec des négociations avec le gouvernement. Le SNPS réclame plus de moyens matériels et humains pour la police fédérale de la route. 

« La sécurité routière, c’est toute l’année »

Personnel vieillissant, véhicules à bout de souffle, refus d’installation de pneus hiver… Difficile, pour le syndicat, de continuer à poursuivre les criminels dans ces conditions. “La sécurité routière, c’est toute l’année et pas seulement quand il faut faire souffler les gens dans le ballon, peste Jérôme Aoust, secrétaire national du SNPS, à L’Avenir. Il faut être cohérent et nous donner les moyens d’assurer cette sécurité.” 

Une série de revendications totalement partagées par le SLFP Police. “Sur les cinq dernières années, confirme Vincent Gilles, président du syndicat libre, la police de la route aurait dû bénéficier – de mémoire – d’environ 150 véhicules. Ils en ont eu à peine dix. Même logique en ce qui concerne les équivalents temps plein. Au lieu de 180, ils en ont obtenu six ou sept. Alors on nous fait miroiter un appel d’offres prévu pour janvier ou février, qui n’aboutira donc pas avant octobre. Et encore, si l’inspecteur des Finances ne nous met pas des bâtons dans les roues. Les policiers en ont marre. On ne peut pas poursuivre les terroristes, protéger tous les événements publics et courir après les bourrés du volant. C’est impossible! Il faut faire des choix.” Voilà qui fait écho au cri d’alerte lancé la semaine dernière par le procureur du roi de Bruxelles qui indique que la police judiciaire fédérale consacre désormais 45 % de ses effectifs bruxellois aux affaires de terrorisme.

Le bluff des 250.000 alcootests

Sur la forme de cette action de grève, en revanche, les deux syndicats s’opposent fermement. Le SNPS appelle notamment les agents à limiter les éthylotests, voire à ne pas faire souffler les automobilistes. “C’est inacceptable, poursuit Vincent Gilles. Et vous pensez bien que si je demandais à des policiers d’appliquer un ordre illégal, je subirais les foudres de mon organisation.” Reste que le syndicat libre suit la grève et vient d’annoncer à tous ses affiliés qui voudraient y participer qu’ils seront couverts en indemnités. “Et je peux vous dire que mes collègues de la police fédérale sont très chauds. Ils veulent marquer le coup.” Jeudi dernier, les premiers contrôles Bob sur la N4 n’ont donc pas été assurés.

De quoi, en tout cas, envoyer un très mauvais message aux fêtards les plus déchaînés. Alors, qu’en sera-t-il des 250.000 contrôles initialement prévus? “Si la grève se confirme, elle concernera seulement la police fédérale qui n’effectue que 20 % des contrôles, tente de rassurer Benoît Godart, porte-parole de l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR). Il n’y aura donc peut-être pas de contrôles sur les autoroutes, mais à moins d’habiter dans une station-service, vous devrez emprunter des routes secondaires qui seront, elles, contrôlées par les polices locales.” 

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Dernier Noël avant l’alcolock 

François Bellot, le ministre de la Mobilité, peaufine un projet de loi pour imposer aux Belges cet éthylotest antidémarrage (alcolock). Une mesure déjà en vigueur mais facultative et très peu utilisée par nos magistrats. “Aujourd’hui, à peine 39 conducteurs belges circulent avec l’alcolock, constate Benoît Godart à l’IBSR. L’objectif est donc de l’imposer aux récidivistes, à ceux ayant provoqué un accident sous l’effet de l’alcool ou aux conducteurs positifs à partir d’un certain taux.” Un plafond qui devrait être fixé à 1,2 g d’alcool par litre de sang comme chez nos voisins hollandais. 

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