Les enfants du « bon » dieu: l’audience au rendez-vous

Pascal Vrebos est parti à la rencontre de trois familles, l'une musulmane, l'autre juive et la troisième catholique. Le but ? Dépasser les clichés. Le bilan, par contre, est mitigé.

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« Ce soir, mon vœu, c’est qu’un vivre ensemble puisse se construire dans notre pays loin des clichés et des stéréotypes. » C’est avec cette phrase dictée en voix off que Pascal Vrebos a ouvert « Les enfants du « bon » Dieu », un programme assez différent de ce que le journaliste a l’habitude de présenter. Au menu du festin qui se prépare, une immersion au sein de trois familles très religieuses. L’une est catholique, l’autre musulmane et la troisième juive. Et dès le départ, on nous en donne, des stéréotypes. Un micro-trottoir laisse la parole aux passants, qui décryptent avec les mots de la rue ce que représentent pour eux les autres religions. Un homme lance « Allah est grand, ok, mais pour quoi, pour qui ? » une autre lâche de but en blanc « Je suis anti-hallal ».

Pascal Vrebos, lui, est agnostique. C’est avec un certain recul qu’il intègre donc ces trois foyers, leurs rythmes et leurs codes. Comme celui d’enlever ses chaussures en entrant dans la maison du couple musulman. Chez les catholiques, il est plus cash, face aux six enfants qui se partagent le petit déjeuner il demande à la mère « En fait, vous n’utilisez aucun moyen de contraception ? »

Vient la famille juive, un petit déjeuner frugal et le chemin vers l’école ultra-sécurisée du petit Joshua. En bref, une émission bien pensante, c’est certain. Mais un peu attendue. A certains instants, surtout du côté de la tribu catholique, on a l’impression d’assister à un sketch. « Isabelle craint les mauvaises influences de l’école (elle éduque ses enfants à la maison), craint l’emploi abusif des portables et surtout l’exposition des vidéos en tout genre » Niveau démontage de clichés, peut mieux faire. Vrebos n’hésite pas à montrer son scepticisme face à certains propos, comme lorsque l’épouse musulmane lui explique qu’il a été démontré scientifiquement qu’il y a une énergie bienfaisante qui vient de la direction dans laquelle ils font leurs prières.

Finalement, c’est lors du grand repas organisé avec les trois familles que le vivre ensemble s’exprime réellement. Très rapidement, la discussion s’engage sur la pratique de leurs religions respectives. Mais le plus « sensible » arrive ensuite, comme une sorte de flash back, on découvre Pascal Vrebos très incisif dans ses questions. « Est-ce que l’homosexualité, c’est quelque chose qui vous révulse ? » « Est-ce que vous avez déjà été confrontée à l’adultère ? » « Est-ce qu’il y a des tabous au niveau sexuel ? » Les esprits s’échauffent un peu lors du repas, mais rien de bien grave. L’émission se clôture sur un sentiment diffus, l’impression d’avoir assisté à un grand melting pot de scènes éparses qui n’aura pas forcément fait évoluer les mentalités. L’audience, elle, était au rendez-vous, puisque le programme a rassemblé 407.401 téléspectateurs.

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