Refus d’entrée à l’école après un retard: une situation plus complexe qu’il n’y parait

Les autorités forestoises ont adopté un règlement refusant l’entrée de l’école au 4e retard d’un enfant de… 3 ans. Une mesure très discutée, mais qui révèle une situation bien plus complexe qu’il n’y paraît. 

Retard école - Belga

Scandaleux”, “injuste”, “idiot” pour certains. “Bonne nouvelle”, “excellente chose”, “nécessaire” pour d’autres. La question des retards dans le règlement d’ordre intérieur des écoles communales de Forest établi par le collège communal déclenche les passions depuis son vote le 5 juillet. Et l’avis favorable à la commune rendu récemment par l’auditeur du Conseil d’État n’a évidemment pas calmé les esprits. Notamment sur les réseaux sociaux où les idéaux chers à Jaurès s’opposent au “c’était mieux avant” et à cette époque où, paraît-il, la société fonctionnait dans le respect, l’ordre et la vénération de l’institution publique en général et scolaire en particulier. Voilà la question des retards scolaires rangée aux côtés des sujets de société qui fâchent – immigration, sécurité, justice, chômage, politique… – et livrée aux interprétations les plus contrastées. 

Une frange privilégiée de la population

Trop contrastées. Les faits sont passés au noir. Les préjugés s’assoient au banc des accusés. Ainsi ce règlement serait dicté par la nécessité de reprendre en main “une certaine communauté” – entendez les “arabo-musulmans ”, nombreux dans la commune –      incapable de respecter la moindre règle de vie en communauté. Ou encore il pénaliserait les utilisateurs obligés des transports publics, “les plus pauvres” selon la doxa facebookienne. Sauf que l’habitude du clivage s’accommode mal de la réalité. 
“Les directions des huit écoles dont j’ai la responsabilité me réclamaient depuis longtemps que ce genre de mesure soit prise, nous explique Marc-Jean Ghyssels, le bourgmestre forestois, parce que dans certaines écoles on en était à plus d’un tiers de retardataires.” À Forest, les différences sociales sont grandes, avec ses maisons voisines d’Uccle la huppée tandis que d’autres côtoient Anderlecht la populaire. Les termes “certaines écoles” résonnent donc d’un écho particulier. Quoi, “certaines”? Comme dans “certaines” personnes qui émargent au CPAS et qui sont si désocialisées qu’elles ne parviennent plus à respecter un horaire? Au contraire, répond le bourgmestre. “Les gens qui sont systématiquement en retard, appartiennent, pour la plupart, à une frange privilégiée de la population, de celle qui n’est jamais en retard pour prendre un avion pour partir skier ou pour aller dans une île lointaine. Des gens qui considèrent que leur horaire, leur emploi du temps est plus important que celui de l’école. Des gens qui peuvent   dire au personnel enseignant lorsque celui-ci ose une remarque sur un retard: “ Dites, j’ai des responsabilités, moi: je ne suis pas institutrice”.” 

Pour découvrir la suite de l’article, rendez-vous en librairie ou sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Plus d'actualité