La jungle de Calais repoussera-t-elle en Belgique ?

On devrait bientôt assister à une augmentation du nombre de migrants tentant de gagner la Grande-Bretagne au départ du territoire belge.

Calais - Belga

Cinquante-cinq kilomètres. C’est ce qui séparait le plus grand camp de réfugiés d’Europe de l’Ouest de la côte belge. On couvre, paraît-il, cette distance à pied en 11 heures. Cette “promenade”, de nombreuses personnes l’ont déjà faite, même si la voiture ou les transports en commun étaient utilisés plus fréquemment. Le démantèlement, en mars dernier, de la zone sud de la jungle avait eu une conséquence directe sur l’augmentation du nombre de migrants tentant de trouver un passage vers la Grande-Bretagne au départ de nos côtes. On pouvait craindre dès lors la recrudescence du phénomène avec la destruction, ce lundi, de la jungle dans sa totalité. Theo Francken avait d’ailleurs fait savoir que les “migrants de Calais” n’étaient pas les bienvenus en Belgique. Cette possibilité était prise très au sérieux par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon qui a déclaré “qu’il fera tout pour qu’un camp de tentes ne s’installe pas en Belgique”. Et qu’il entendait “lutter contre les trafiquants d’êtres humains”. 

« The Belgian Kitchen » à Bruxelles ?

Les scénarios imaginés par nos forces de sécurité sont classés “confidentiels”. Cependant, on sait qu’une surveillance renforcée des zones frontalières avait commencé dès avant la mise en œuvre par les autorités françaises de l’évacuation du gigantesque camp. Que les polices locales de Flandre-Occidentale et du Hainaut occidental devaient être mises à contribution pour renforcer la police fédérale et pour surveiller les terrains susceptibles de pouvoir être transformés en camping sauvage. Que les routes secondaires faisaient l’objet d’une attention soutenue pour éviter qu’elles ne deviennent les nouveaux itinéraires empruntés par les passeurs. 

Pas certain que ces mesures suffisent: depuis des semaines, certains “migrants” font des allers-retours entre la Côte d’Opale et Bruxelles. Ils connaissent fort bien, pour certains, la porosité de la frontière franco-belge. Les “120 policiers en renfort” annoncés par le ministère paraissent fort peu en regard des 620 km à surveiller. Il paraît probable que les chiffres des interpellations de personnes en séjour illégal sur la côte, en baisse depuis plusieurs mois mais plus élevés qu’en 2015 sur une moyenne annuelle (voir ci-dessous), connaissent une envolée. Un autre élément vient donner du crédit à cette thèse. La plus grande cuisine distribuant des milliers de repas gratuits sur la jungle calaisienne – “The Belgian Kitchen”, une initiative créée par des bénévoles belges – avait commencé à démonter ses installations. Lorsque nous avions demandé au responsable où il croyait devoir implanter ses activités, il nous avait répondu après quelques secondes de réflexion: “Je ne sais pas encore exactement. Mais probablement à Bruxelles”…

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