Jean-Michel Jarre en forme techno au Palais 12

Le pionnier de la musique électro a offert un joli bol d'Oxygène ce dimanche.

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Alors qu’il s’apprête à publier un troisième volume d’ « Oxygène » à l’occasion du quarantième anniversaire de son classique, Jean-Michel Jarre est en pleine tournée mondiale Electronica. Pour rappel, Electronica, c’est le nom de code de ses deux derniers albums (2015 et 2016) sur lesquels il a invité une pléthore d’invités représentant plusieurs générations de geeks de l’électro. De Pet Shop Boys à David Lynch, en passant par Moby, Jeff Mills, Rone, Massive Attack ou encore Laurie Anderson, ce prestigieux casting rappelle -s’il le fallait encore- l’influence de Jarre sur un courant musical dont il est l’un des pionniers avec Pierre Henry, son complice au sein du GRM (Groupe des Recherches Musicales) Pierre Schaeffer, sans oublier bien sûr les Allemands Kraftwerk et Can ou les Belges Telex.

Ce dimanche, au Palais 12, Jarre a montré qu’à 68 ans, il restait toujours aussi pertinent et était à la pointe des technologies. Sans jamais tomber dans l’opportunisme, plusieurs de ses récentes compositions s’inscrivent dans un courant dance avec des BPM qui montent très vite dans les tours. On pense à sa collaboration avec Pet Shop Boys Brick England, à The Architect qui renvoie à la scène techno de Detroit ou encore au très engagé Exit, fruit d’une collaboration improbable avec le lanceur d’alerte Edward Snowden. Lancée par l’instrumental ambient Waiting For Cousteau, son répertoire n’oublie pas les classiques (Oxigène 2, Oxigène 4, Souvenirs de Chine, Equinoxe 4), mais c’est résolument vers le futur et un public jeune que Jarre se tourne avec ce nouveau périple. A tel point que la configuration assise du Palais 12 a vite montré ses limites, les spectateurs se levant régulièrement pour danser ou se rapprocher de la scène. Et c’est tant mieux.

S’il sort sa harpe laser sur The Time Machine comme à la grande époque de ses concerts à Houston, Jarre dégaine aussi une guitare, laisse beaucoup d’espace à son batteur/percussionniste et mixe régulièrement les morceaux entre eux. Et, oui, c’est du live ici, pas de clef USB comme chez PNL ou Steve Aoki. Visuellement, ça reste énorme avec une débauche d’ effets 3D, des créations virtuelles bourrées d’imagination et, hormis la séquence avec Edward Snowden, l’absence de toute archive filmée. En rappel, Jarre a joué l’inédit Oxygène 17 à paraître en décembre sur l’album Oxygène 3. Comme nous le soufflait une collègue néerlandophone, Jean-Michel Jarre mérite en 2016 la même hype suscitée par la nouvelle tournée de Kraftwerk. Et nous, on se dit qu’un concert comme ça en plein air du côté de la place des Palais l’été prochain au BSF, ça peut être carrément génial.

PHOTO : LOUIS HALLONET

 

 

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