La 3e guerre mondiale durerait moins de 10 minutes

Les médias russes annoncent un nouveau conflit international. De son côté, l'armée américaine l’estime "pratiquement inévitable". Pourtant, en Europe, personne n'en parle.

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La nouvelle a été annoncée la semaine dernière à la télévision russe: la troisième guerre mondiale a commencé. Le présentateur vedette de la première chaîne publique l’a confirmée, dimanche soir, en annonçant que les « batteries antiaériennes russes en Syrie allaient abattre les avions américains ». À Moscou, le nombre de constructions d’abris anti-nucléaire explose. À Saint-Pétersbourg, le gouverneur a lancé une politique de rationalisation du pain. En coulisse, l’armée préparerait même des « exercices de défense civile » mobilisant 40 millions de russes pendant une semaine.

Le président russe Vladimir Poutine semble en effet craindre le pire depuis la rupture des négociations entre Washington et Moscou sur le conflit syrien, le 3 octobre dernier après l’échec d’un cessez-le-feu. Dans la foulée, les bombes russes et syriennes ont fait d’Alep, la deuxième ville la plus peuplée de Syrie, un « enfer sur Terre », comme l’a qualifiée l’ONU. Ce qui a valu de vives critiques des Occidentaux. Le conflit, s’il éclate, opposerait ainsi la Russie et ses proches alliés (Biélorussie, Arménie, Kazakhstan), mais aussi certainement la Chine qui soutient ponctuellement les décisions russes dans l’espoir de minimiser l’hégémonie américaine sur la politique internationale, aux pays de la coalition arabo-occidentale internationale en Irak et en Syrie dont fait partie la Belgique.

Une guerre de « quelques minutes »

Côté américain, cette possible troisième guerre mondiale est extrêmement prise au sérieux. Selon le Général Mark A. Milley, chef de l’État-major de l’Armée de terre américaine, elle est même « pratiquement inévitable ». Celle-ci devrait toutefois être bien différente des grands conflits du siècle dernier. D’après le commandement militaire américain, cette guerre serait en effet nucléaire et ne durerait que… quelques minutes, voire dizaines de minutes tout au plus. Autrement dit, le premier à frapper en sortirait certainement vainqueur…

Chez nous, pourtant, l’imminence d’un nouveau conflit international ne semble pas inquiéter les autorités. La raison est double. D’abord, contrairement aux informations communiquées par les médias russes, la troisième guerre mondiale ne reste à ce stade qu’une hypothèse. Un accord entre Moscou et Washington peut encore être trouvé. Pour montrer sa bonne volonté, La Russie a d’ailleurs décidé mardi un « arrêt immédiat des raids des aviations russe et syrienne sur Alep ». Ensuite, même si un tel conflit éclatait, contrairement aux deux premières guerres mondiales, le champ de bataille principal ne serait pas l’Europe, mais, sans doute, le Moyen-Orient, et en particulier la Syrie, voire, même si cela est hautement improbable, la Russie et les Etats-Unis. Mais notre continent n’en sortirait bien sûr pas indemne pour autant…  

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