DOSSIER. La génération colocation de plus en plus présente à Bruxelles

Les loyers sont chers et la propriété, souvent inaccessible. Alors pourquoi ne pas partager un logement à plusieurs? Une formule qui ne séduit plus seulement les étudiants fauchés mais aussi les nouveaux travailleurs.

La tribu entre inconnus - Dossier

Ils sont jeunes, en fin d’études supérieures ou déjà insérés dans la vie professionnelle et entament le plus long chapitre de leur histoire: la vie active. Plutôt que d’aller s’installer en solo ou en duo avec l’être aimé, ils ont décidé de former une colocation pour vivre avec leurs potes ou de parfaits inconnus. Ensemble, ils partagent un loyer, des charges, une cuisine, du mobilier mais aussi – et surtout – un quotidien. Déjà bien ancré dans les grandes villes devenues impayables comme Londres, Paris, Berlin ou New York, le phénomène – popularisé par des séries comme Friends, How I Met Your Mother ou The Big Bang Theory – prend de plus en plus d’ampleur chez nous, particulièrement à Bruxelles. Si ce mode de vie peut encore surprendre les générations plus âgées, il est aujourd’hui totalement entré dans les mœurs des jeunes adultes. 

13% d’étudiants

Pas pressés de rentrer dans le moule et d’adopter le schéma éculé du ménage traditionnel, ils ont décidé – quand les contraintes de la vie ne les ont pas forcés – de continuer à “profiter” comme ils disent. De s’arranger une petite transition pour entrer dans le grand bain tout en continuant à buller. Et on le constate dans les chiffres: l’âge moyen des colocataires est en hausse: 35 ans dans la capitale (29 en 2013) et 50 % d’entre eux seulement ont moins de 30 ans. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, la part d’étudiants dans ces “ménages individuels” n’est que de 13 % à Bruxelles. L’émergence de ce phénomène, pourtant incontestable, reste cependant difficile à estimer à l’échelle nationale. Dernière référence en la matière: une étude du Crioc datant de 2010. On y apprend que 12 % des Belges ont déjà tenté l’aventure de la colocation, un chiffre qui a probablement augmenté depuis… Et pour cause: la part des colocations dans l’offre de logements locatifs bruxellois est passée de 5 % en 2012 à 7 % en 2015.

Rompre avec la solitude

Se loger en Belgique coûte de plus en cher, en particulier à Bruxelles qui comme ses grandes sœurs européennes n’échappe pas à l’explosion du prix des locations. De 2004 à 2015, ceux-ci ont été augmentés de 20 % dans la capitale selon l’Observatoire des loyers. La colocation n’est plus seulement l’affaire de students fauchés mais aussi des salariés. Elle séduit des franges de la population qui, il y a quelques années encore, pouvaient se permettre de prendre un logement individuel. Mais les motifs économiques ne sont pas les seules raisons qui leur font pousser les portes de la vie à plusieurs. D’ailleurs, le revenu moyen du colocataire bruxellois est plus élevé que celui du locataire classique. Ainsi sept jeunes de 18 à 29 ans sur 10 sont en quête à la fois du partage des frais et d’une vie quotidienne commune. La formule peut d’ailleurs aussi être un fabuleux moyen d’intégration quand on vient de la campagne ou de l’étranger. Dans les faits, la moitié des sondés confient vouloir rompre avec la solitude et se faire de nouveaux amis. Chez les expatriés, la colocation est d’ailleurs populaire depuis… un bail. 

Découvrez la suite de l’article, ainsi que les entretiens avec trois tribus bruxelloises en librairie à partir de ce mercredi 19 octobre ou sur notre édition numérique.

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