Les Insus à Forest : on y était et on a retenu trois trucs

Les ex-Téléphone ont décroché leurs tubes mais plus encore ce jeudi dans une cuvette forestoise chaude comme la braise.

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Sans la moindre interview accordée aux médias, sans la moindre affiche placardée sur les murs et en changeant de nom, les anciens membres de Téléphone (enfin, trois sur quatre) ont réussi leur retour. Lancée au Point Ephémère à Paris le 11 septembre 2015, leur tournée de retrouvailles affiche complet partout où elle s’arrête. C’était le cas ce jeudi à Forest National et on y était. On vous résume tout ça.

Le sourire et la camaraderie

C’est flagrant et c’est sans doute la plus belle leçon de cette reformation. Les Insus (-Portables) sont heureux de rejouer ensemble. On le voit, ça s’entend, ça se sent. Et ce n’est pas de l’esbroufe. Jean-Louis Aubert, Richard Kolinka et Louis Bertignac, qui ont donné leur premier concert ensemble voici quarante ans (le 12 novembre 1976 au Centre américain de Paris se marrent comme des gamins. Ils n’essayent pas de retrouver leur jeunesse. Ils sont jeunes. Dans leur tête, dans la manière dont Louis balance ses solo stoniens, dans le jeu impressionnant de Richard qui singe à plusieurs reprises les mimiques du trublion Keith Moon (The Who), dans les fous rires hilare de Jean-Louis, même pas ridicule lorsqu’il chante « Joue ton électrophone, t’as pas besoin de gueuler, demande au mégaphone. » (Hygiaphone). Accolades, boutades, embrassades et gestes complices font partie de la panoplie et c’est franchement sympa. Quant à Alexsander Angelov, le « petit nouveau » à la basse, il joue parfaitement la carte de la sobriété et de la sérenité tout en s’imposant comme « le ciment » de la section rythmique. Oui, Les Insus en 2016, c’est un vrai groupe qui s’offre aussi beaucoup de liberté. Témoin cette improvisation sur Seven Nation Army de The White Stripes ou la petite citation au Like a rolling stone du nouveau Prix Nobel de la Paix.

Les tubes mais pas que

Si les incontournables (Crache ton venin, La bombe humaine, Au cœur de la nuit, New York avec toi, Un autre monde) sont bien sûr au menu, les Insus s’éclatent aussi sur des morceaux moins connus, voire moins évidents. C’est le cas sur Flipper qui prend une belle tournure « rock expérimental », Le silence ou encore sur l’innocent Métro (c’est trop) qui bénéfice d’un nouveau lifting. A noter que le public était bien calme à ces occasions, ne laissant éclater son enthousiasme que sur les salves plus attendues.

Un autre monde, une nouvelle vie

Bien sûr il y a La Bombe Humaine, introduite désormais par un nouveau couplet faisant  allusion à l’attentat du Bataclan. Mais, à plusieurs autres reprises, on s’est dit que, oui, « putain, c’est vrai »  ces petites chansons naïves qu’on écoutait adolescent restent d’une actualité brûlante. Mieux encore, certaines d’entre elles (on pense à Argent trop cher, J’sais pas quoi faire) sont plus en phase avec le questionnement de la jeunesse d’aujourd’hui que les roucoulades vocodées de PNL.

 

 

 

 

 

 

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