Georges Désir: la mort d’une icône

Il a consacré 40 ans de sa vie à la politique. Mais aujourd'hui encore, quand on évoque le décès de Geroges Désir, on pense d'abord au visage de Visa pour le monde.

Georges Désir - Hommage - Photonews

Il avait 91 ans. Un bel âge comme on dit… Une belle carrière aussi, de bourgmestre (il a passé 30 ans à gérer la commune de Woluwe-Saint-Lambert), de député, de sénateur et même de ministre de la Région bruxelloise en 1989 sous le rose du FDF. Pour se consacrer à sa vie politique, il a abandonné la télévision en 1977, à l’époque de Chansons à la carte, de Hei Elei Kick Elei et d’Yves Mourousi. Autant dire que les générations, X, Y et Z n’ont jamais entendu parler du bonhomme. Les autres, les premiers enfants de la télé, ceux qui ont grandi en noir et blanc devant Nounours, Bernard Golay, Jeux sans frontières et… Pierre Tchernia, ont gardé en tête sa moustache austère, sa présence et sa voix.

Bien avant Jacques Martin, Georges Désir, a été l’homme du dimanche après-midi avec un jeu qui tenait alors de la grand-messe belgo-médiatique, Visa pour le monde. Le principe: deux candidats hypercalés devaient répondre correctement à dix questions pointues pour gagner les « kilomètres » qui, additionnés, leur offriraient un tour du monde. Créée, produite et animée par Désir, l’émission, comme souvent, était aussi statique que coincée. On ne rigolait pas avec la culture et la connaissance. Mais outre l’indéniable charisme de son présentateur, Visa pour le monde a bénéficié de deux excellentes idées. Parrainée entre autres par la Sabena, l’émission se déroulait dans un décor d’avion (un concept quasi révolutionnaire à cette époque de plateaux vides). Et en cas d’hésitation, les candidats pouvaient faire appel à un ami. En l’occurrence à des « valises » façon attaché-cases, dans lesquelles se trouvait un téléphone – autre concept quasi magique – qui leur permettait de demander de l’aide sur l’une ou l’autre question.

En 1967, Visa pour le monde était une folle innovation. En 1977, on ne sentait plus que la poussière et le carton-pâte. Mais l’émission, marque forte de la RTB tout juste devenue RTBF, ne pouvait pas disparaître avec son animateur. On l’a donc confiée ensuite à la délicieuse Paule Herreman et à Alain Denis, qui ont gardé la boutique ouverte jusqu’en 1984. Un bel effort. Reste que Visa pour le monde n’a pas seulement sinistré le dimanche des gamins au même titre que le scrabble et la pluie. L’émission a construit un pan de notre mémoire télé. Qui s’effrite un peu plus avec la mort de Georges Désir.    

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