Fusillades en Belgique : retour au Far West ?

Les chiffres indiquent une diminution des homicides par armes à feu en Belgique. Sauf qu’ils s’arrêtent en 2010 et que l’actualité chargée de ces dernières semaines semble indiquer une forte augmentation des fusillades dans notre pays. Nous avons vérifié.

 La scène d’une fusillade dans les rues de Châtelineau, où dix coups de feu ont été tirés d’une voiture.  - Belga

Samedi 8 octobre, une heure du matin, à Roux, la partie nord-ouest de Charleroi. Le silence règne sur la route nationale qui mène à Courcelles. La majorité des habitants dorment. Seules quelques fenêtres laissent danser les lumières changeantes émises par les cristaux liquides d’écrans plats. Des pas résonnent, rue Major Housiaux, une perpendiculaire à la nationale. Un moteur rugit et s’approche. Les pas s’accélèrent. Le piéton s’affole. Des pneus crissent. Les portes d’un véhicule s’ouvrent. Des bruits forts, sourds et métalliques réveillent le voisinage. Les détonations produites par un fusil d’assaut en tir semi-automatique. Clac, clac, clac, clac, clac. Les pas trébuchent et s’arrêtent. Les portes d’un véhicule se referment. Le moteur rugit à nouveau et s’éloigne. Le silence reprend son règne. Timidement, quelques voisins se risquent à ouvrir une fenêtre puis la porte de leur habitation. Clic-clac. Un homme gît dans une mare de sang. On appelle la police. Les secours arrivent et embarquent le piéton qui décédera quelques heures plus tard. Clap. De fin.

Nouveau western

L’histoire de la fusillade de la rue Major Housiaux se répète depuis quelques semaines dans notre pays. Pas exactement le même, les circonstances varient, les détails changent. Le week-end dernier, un homme est mort, rue de Turenne, dans la ville haute de Charleroi. Il s’était vidé de son sang sur un trottoir après avoir reçu une balle dans la jambe lors d’une rixe, entre sans – papiers, dans un café. Une semaine auparavant, circonstances différentes mais même résultat: un mort par balle à Charleroi, encore. Mais la cité carolo n’a pas le monopole du cœur en arrêt cardio-respiratoire. Quaregnon, ce dimanche: un mort. Le 25 septembre: Molenbeek, un homme abattu près de la gare de l’Ouest. Le 12 septembre: Quaregnon encore, un homme abattu à la terrasse d’un café. Le 1er septembre: un homme tue sa petite amie et le père de celle-ci par balle à Libramont. Quelques jours auparavant, c’était au tour de la Flandre: à Gand puis Moorslede, des morts, par balle. Depuis la rentrée, c’est un peu comme si le terrorisme avait laissé la place, dans l’actualité meurtrière, à la gâchette de monsieur Presque-Tout-le-monde.

La suite de notre enquète est à découvrir en librairie à partir de ce mercredi 12 octobre ou sur notre édition numérique.

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