Rencontre avec Erwan L’Éléouet, rédacteur en chef d’Un jour, un destin

En marge de la diffusion du numéro consacré à Véronique Sanson ce dimanche soir, nous avons rencontré Erwan L'Éléouet. Depuis plus de dix ans, il travaille aux côtés de Laurent Delahousse. Aujourd'hui rédacteur en chef d'Un jour, un destin, il revient avec nous sur les secrets de l'émission.

erwan

Comment est né Un jour, un destin?

A son arrivée sur France 2, Laurent Delahousse a présenté un magazine, Un jour, une heure. On essayait d’y raconter des événements marquants, de l’actualité récente ou plus ancienne. L’émission n’a pas bien marché mais Laurent a décidé d’appliquer le concept à la vie des personnalités et de raconter des grands destins. Et c’est ainsi qu’est arrivé à l’antenne Un jour, un destin dont nous allons bientôt fêter le 100e numéro.

Derrière chaque épisode, il y a un véritable travail d’enquête…

On raconte des histoires mais on essaie de trouver des choses nouvelles, même pour des personnalités hyper connues. Il y a donc effectivement un important travail d’enquête, on vérifie des erreurs qui se retrouvent de biographie en biographie. C’est le métier de journaliste au sens noble du terme et c’est ça qui me plaît.

A ses débuts, Un jour, un destin comptait une dizaine d’épisodes par saison alors qu’aujourd’hui on ne dénombre que quatre à cinq numéros par an. Pourquoi?

C’est une émission longue et difficile à produire, on passe en général six à sept mois par épisode. On ne met à l’antenne que des émissions dont on est très content. Certaines ont pris beaucoup plus de temps que prévu, parce que nous sommes exigeants avec nous-mêmes.

Certians sujets sont plus compliqués que d’autres?

Il nous est arrivé de reporter un sujet, comme par exemple celui sur Jacques Brel. Dans un premier temps, France Brel s’y est opposée. Ce qui compte dans notre émission, c’est la qualité des témoignages, au plus on a des proches, des enfants, au plus notre émission est véridique. En ce qui concerne Brel, on a retravaillé les choses et reproposé le sujet à France trois ou quatre ans plus tard. Le temps a joué en notre faveur et on a pu avoir le témoignage de France Brel, mais aussi celui d’Isabelle Brel qui est moins connue.

Avec le temps, avez-vous des difficultés à trouver des sujets?

Toutes les saisons, on se demande si on est pas arrivé à la dernière! Parce qu’une fois qu’on a fait les évidents, comme Signoret, De Funès, Dewaere, Gabin, ceux qu’on appelle entre nous les Gold, il faut essayer de trouver d’autres idées. On essaie d’insuffler dans la collection des personnalités moins emblématiques mais avec une histoire tout aussi forte qui peut embarquer le téléspectateur. On aime aussi raconter des époques et parfois les personnages sont des des prétextes pour ça.

Votre goût pour les histoires explique votre présence au générique de 20h55 le dimanche?

C’est la même logique, c’est un peu la réunion de tout ce que nous savions faire et d’autres terrains d’exploration. Ce qu’on aime c’est raconter des histoires et les rendre accessibles au grand public. On aime être très pédagogiques. La différence avec Un jour, un destin, c’est que dans 20h55 le dimanche, on explore d’autres univers, comme la géopolitique. Mais pour les deux émissions, notre objectif reste le même: quand le téléspectateur a regardé un numéro, il doit avoir découvert des choses.

Vous consacrerez prochainement un épisode de 20h55 le dimanche à Jacques Chirac. Un choix porté par sa propre actualité?

Non. L’émission était prévue pour être diffusée avant les premiers débats de la primaire. On va revenir sur l’histoire de ce personnage, qui reste une icône en terme de popularité. Aujourd’hui, on voit que les candidats à la primaire revendiquent son héritage. On aura à la fois un grand portrait personnel et politique. On va donner au téléspectateur les clés pour comprendre ce qu’est la droite aujourd’hui et quels sont les enjeux qui se jouent autour de la primaire.  

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