Va-t-on voir disparaître ce qu’il reste du cdH ?

Officiellement, le parti ne s’affole pas. Dix élus ont quand même tenu à nous parler à visage découvert. Une dizaine d’autres ont soupiré dans l’ombre...

Famille cdH - Belga

Tout juste 10 % en Wallonie, seulement 6,5 % des intentions de vote à Bruxelles, soit bien en dessous d’Écolo ou du PTB… Les sondages de la RTBF/La Libre, d’une part et de RTL/Le Soir, d’autre part, ont secoué le cdH. Cette lente descente aux enfers provient évidemment de facteurs multiples: l’inculpation de Joëlle Milquet, la discrétion et le manque de réactivité de la présidence du cdH, les conséquence du divorce MR-FDF, l’échec du plan Wathelet, le dossier des allocations familiales en Wallonie… Le cdH paie aussi son choix de ne pas monter au fédéral avec le MR. Et puis, il y a aussi eu le départ de Mahinur Özdemir, la polémique à propos du génocide arménien. Des erreurs de casting ont également brouillé son image: “On a trop souvent fait monter tout le monde dans le tram cdH” (Joël Riguelle, bourgmestre cdH de Berchem-Sainte-Agathe). 
Pour redresser ce parti médiatiquement en déroute, une réunion de crise a eu lieu lundi passé au château de Namur. Au chevet du “mourant”, un spin doctor avait été invité: José Cordovil, ex-porte-parole d’Écolo et proche de Benoît Lutgen. Il a notamment démontré que la communication manquait cruellement d’impact, de collégialité et de cohérence. Face à ce constat, le parti hésite encore entre le psychologue et le chirurgien. Y a-t-il un magicien dans la salle pour exorciser les maux du cdH?

La bouée communale

Il y a une explication simple au fait que ce n’est pas aujourd’hui la débandade totale au cdH: les élections qui arrivent seront communales et le parti humaniste s’y comporte toujours bien. André Antoine, président du Parlement wallon, garde ainsi confiance… “Par contre, si les régionales ou les fédérales avaient eu lieu avant…” Le président du cdH Benoît Lutgen tient le même discours: “Au niveau électoral, notre résultat le plus important se fait aux communales et il diminue lorsqu’on passe aux régionales, au fédéral et à l’Europe. La dernière fois que les sondages ont été très mauvais pour nous avant une élection, nous sommes passés de 9 à 15 % le jour de l’élection. Nous avons 72 bourgmestres qui auront des bilans intéressants à défendre tant dans les villes que dans les communes plus petites”

« Deux cdH »

Cinq questions à Pierre Verjans, professeur d’université et politologue belge qui donne cours à l’Université de Liège : 

C’est un parti communal ?

Il est fort dans les élections communales et provinciales. Il y a même des listes d’intérêts communaux qui se présentent comme des listes a-politiques même si elles sont du cdH.

Être du centre, un tort ?

La position centriste est moins performante idéologiquement même si 1/3 des électeurs se trouvent au centre. Il faut transformer l’essai après aux régionales et aux fédérales.

N’est-il pas trop scotché au PS ?

Le cdH aurait peut-être dû accepter la proposition de Charles Michel pour montrer qu’ils pouvaient mieux affirmer son centrisme. Il aurait pu aussi y gagner une autonomie face au PS. Evidemment, cela pouvait provoquer le risque d’être éjecté des deux côtés.

Son discours ne passe plus?

Le cdH éprouve des difficultés à passer dans les médias face à des adversaires plus assertifs.

Y a-t-il deux cdH ?

On l’avait déjà vu avec les résultats de Joëlle Milquet. Ce sont deux électorats très différents pour un même parti à Bruxelles et en Wallonie. Dès qu’on lance un discours à Bruxelles sur l’intégration, le discours risque d’être mal ou incompris en région rurale.

Découvrez la suite de notre article en librairie ou sur notre édition numérique. 

 

Plus d'actualité