Bernard Wesphael est acquitté mais la chambre 602 gardera ses secrets

L’intoxication alcoolo-médicamenteuse, les manipulations lors de la réanimation de Véronique Pirotton...ont joué en faveur de Bernard Wesphael. « Malgré l'existence d'éléments troublants ». La vérité judiciaire est connue.

 

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Le temps des jurés ! Un temps précieux, inestimable dans ce monde à la vitesse médiatique souvent déraisonnable. Le temps pour dire « coupable ou pas » après avoir entendu toutes les parties loin du brouhaha des réseaux sociaux ou du café du commerce. Après 298 jours de détention préventive et deux ans « de liberté », Bernard Wesphael connaît le verdict : aquitté ! Inattendu au regard des premières heures et des premiers éléments communiqués par la justice dans ce qui allait devenir « l’affaire Wesphael ». Soulagé et meurtri, il « pense d’abord à Véronique et à Victor. »  Pour les jurés, comme pour la loi, « Un doute raisonnable doit profiter à l’accusé. »

Les jurés devaient répondre à une simple question : « Bernard Wesphael est-il coupable oui ou non d’avoir, volontairement et avec intention de donner la mort, commis un homicide sur la personne de Véronique Pirotton ? ». Ils ont dit non !

Les avocats de la famille Pirotton n’ont pas pu convaincre le jury : les traces de fond de teint, la lutte sur le lit, les blessures à la tête, le sac plastique , l’oreiller…L’enchaînement des faits traduisant un meurtre laissait réellement trop de places aux doutes selon les jurés. De leur côté, les avocats de Bernard Wesphael ont entretenu ce doute au travers de certains éléments du passé de Véronique Pirotton et les témoignages contradictoires des personnes se trouvant dans l’hôtel le soir du drame. Les vidéos montrant un couple « tendre et aimant » à Ostende ont également dû jeter le doute dans les esprits de certains des jurés.

Enfin, l’intoxication alcoolo-médicamenteuse ne peut pas être exclue dans l’esprit des jurés. Un aspect qui a, sans conteste, joué en faveur de Bernard Wesphael. Tout comme les manipulations lors de la réanimation de Véronique Pirotton dans la chambre…des hématomes que ses avocats tendaient, à raison ou à tort, à traduire en coups ou des blessures portés par Bernard Wesphael. Une fois de plus, la porte de la chambre se referme sur ces secrets. Il ne l’a pas tué selon la vérité judiciaire. Soit. Mais est-ce un suicide ou un accident…

Jamais, la justice, les experts et les avocats n’ont pu répondre sans la moindre hésitation sur ce qui s’est vraiment déroulé dans la chambre 602 de l’hôtel Mondo à Ostende. Ils n’ont pas été convaincus…que Véronique Pirotton a été traînée par Bernard Wesphael sur le tapis de la chambre après ou avant son décès. « Malgré l’existence d’éléments troublants comme la position du corps de la victime, le sachet, la présence d’hématomes, les bruits entendus par les voisins, l’attitude de l’accusé… l’enquête ne permet pas d’établir la culpabilité de l’accusé » dit le verdict. C’est aussi simple et indiscutable que cela.

A présent, le livre sur l’Affaire Wesphael, « Assassin, aux éditions Now Future » sortira dans les prochains jours. Reste le plus important, l’avenir de Victor, le fils de Véronique Pirotton. Puisse ce verdict, lui permettre de pouvoir se reconstruire au travers de la vérité judiciaire…C’est aussi le souhait exprimé à sa sortie par Bernard Wesphael.

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