Pourquoi les mouvements de jeunesse pètent le feu ?

Chaque week-end, 300.000 petits Belges enfilent chemises et foulards. Une habitude qui se transmet depuis plus d’un siècle et qui connaît aujourd’hui un succès tel que certaines organisations affichent complet.

Mouvements de jeunesse - Reporters

Début septembre, de Verviers jusqu’à Mouscron, de nombreux parents ont dû se résoudre à placer leurs enfants sur une liste d’attente jusqu’à la rentrée prochaine. Les derniers retardataires du décret inscription ? Non, il ne s’agit pas ici d’établissements scolaires, mais d’organisations prônant une tout autre pédagogie. Elles sont presque toutes centenaires et, pourtant, pètent la forme comme jamais. Au point d’être victimes de leur succès et d’afficher parfois complet ! Les mouvements de jeunesse – il en existe cinq en Belgique francophone (voir encadré) – dénombrent plus de… 300.000 membres sur le territoire! Ce qui, compte tenu de la population du royaume, fait de la Belgique la championne du monde en la matière. 
“C’est un phénomène extraordinaire, propre à notre pays. On peut même dire que c’est dans les gènes des Belges”, affirme avec fierté Sophie Stevens, présidente fédérale des guides catholiques. “Les mouvements de jeunesse, en général, ont permis aux           parents de voir leurs enfants s’épanouir en apprenant des valeurs auxquelles on tient très fort dans notre société. Ils leur apprennent à être autonomes, penser librement, avoir confiance en soi, se sociabiliser et se montrer solidaires. Il y a aussi une question de transmission. Les parents qui en ont fait partie vont le transmettre à leur enfant.” 

Des capacités d’initiative et de leadership

Si la multiplication récente des activités extrascolaires a marqué une légère baisse de fréquentation au début du millénaire, tous les mouvements sans exception connaissent une augmentation régulière de leur nombre d’affiliés sur les dernières années. La recette ne convainc donc pas seulement les anciens, mais également de nouveaux parents désireux d’y inscrire leurs enfants. “Les mouvements de jeunesse sont bien plus qu’une activité de plein air, précise Adrien Mogenet, animateur fédéral chez les scouts. Nous voulons participer à la croissance de ces enfants qu’on nous confie pendant douze ans. Chez les scouts, c’est ce que nous appelons le projet sur l’homme. Il s’agit de les aider à devenir des personnes autonomes, conscientes, critiques et équilibrées. Nous les préparons petit à petit à leur vie d’adulte de sorte que, à terme, ils soient aptes à se débrouiller dans leur premier emploi, à travailler en équipe et à fonder un foyer équilibré.” De fait, la mention “scoutisme” inscrite dans la colonne hobby d’un C.V. fait souvent bonne figure auprès des recruteurs qui apprécient particulièrement les capacités d’initiative et de leadership emmagasinées au sein des mouvements de jeunesse.

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Les cinq mouvements de jeunesse présents en FWB

Scouts 
Avec 57.000 membres actifs, la Fédération des scouts Baden-Powell de Belgique est le plus grand mouvement de jeunesse en francophonie. Bien souvent mixtes, ses 405 unités sont divisées en quatre sections: baladins (6-8 ans), louveteaux (8-12 ans), éclaireurs (12-16 ans) et pionniers (16-18 ans).

Guides catholiques de Belgique 
Beaucoup l’ignorent encore, mais ce mouvement, réservé aux filles à l’origine, est devenu mixte en… 1976! Les sections sont identiques aux scouts, seuls changent les noms (lutins, nutons, aventures, horizons). Une réflexion est menée actuellement en interne pour enlever ou non la notion “catholique” du nom officiel.

Scouts et guides pluralistes de Belgique 
Créé en 1910, le plus vieux mouvement de jeunesse du pays se différencie des deux précédents par une approche pluraliste de la vie en groupe. Plutôt que de suivre un dogme collectif, le mouvement a toujours prôné une spiritualité individuelle de ses membres pour favoriser la rencontre des différences.

Fédération nationale des Patros
Perçue à tort comme le rival historique des scouts, car les deux mouvements collaborent étroitement depuis de nombreuses années. À la différence des scouts, les patros partent en camp dans un même endroit avec l’ensemble de leurs troupes, des plus petits jusqu’aux plus grands.

Faucons Rouges 
Fondé en 1928, ce mouvement d’origine autrichienne s’est installé principalement dans les anciens bassins industriels le long de la Meuse où les enfants ont tendance à être fragilisés culturellement ou socialement.  À l’instar du patro, l’ensemble des groupes d’âge partent ensemble  au camp.

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