À Paris, les Belges, il n’y a qu’à se baisser pour les attraper

Mode, humour, théâtre, médias, cinéma… Ils sont partout. Au casting de ce dossier “une caricole dans le Perrier”: Hergé, Magritte, Vizorek & Vanhoenacker, Ivo van Hove et nos bons plans pour savoir où aller sans passer pour un cousin perdu.

Les Belges à Paris

Parmi les nombreuses charges de Baudelaire contre la Belgique, aucune n’a découragé les Belges d’aller honorer le territoire français, pas même la plus célèbre selon laquelle “La Belgique est le bâton merdeux de l’Europe”. Contrairement à ce qu’on a pu dire, aucune blague de la grande époque à Coluche n’a jamais vexé aucun Belge, y compris celles qui remettaient en cause son intelligence sexuelle. “Comment reconnaît-on un Belge dans une partouze ? C’est celui qui baise sa femme.” Non, personne chez nous n’a été suffisamment rancunier pour s’interdire d’aller exercer son métier et réussir sa vie outre-Quiévrain. Personne. Ni Jacques Brel, ni Annie Cordy, ni Salvatore Adamo. Pas même Eddy Merckx qui a gagné sa réputation (de Cannibale) sur le plus célèbre des tours – celui de France. 
Les Belges à Paris, c’est une réalité qui dépasse ce que les grands aînés ont semé comme espérances. Qui aurait pu croire il y a quelques années que Dior et Saint Laurent, maisons vitrines du savoir-faire français, soient dirigés par des Belges ? Raf Simons a depuis quitté Dior pour diriger la création chez Calvin Klein – ce que l’on ne peut dignement pas considérer comme une dégringolade industrielle. Anthony  Vaccarello a, lui, créé l’événement en présentant sa première collection Saint Laurent avec l’absolution de Pierre Bergé. Sans faire la révolution, le Bruxellois de 34 ans a, comme on s’y attendait, revisité les grands classiques du vocabulaire Saint Laurent, tout en restant fidèle à la réputation des Belges au-dessus du lot dans le domaine de la mode. Aux deux grandes expos événements qui font la une de l’actu parisienne – celle sur l’univers de Hergé au Grand Palais et la rétrospective Magritte à Beaubourg – il faut ajouter la  cascade de couvertures de magazines français et d’articles dédiés à Virginie Efira. Libération, Les Inrockuptibles, Télérama, et toute la clique des titres bohèmes bourgeois, mais aussi les autres, ont fait la fête à Victoria, le film qui catapulte Efira au rayon des grandes actrices du cinéma d’auteur.

La mode du « p’tit belge de service »

L’ex-gamine qui présentait Mégamix à la télé belge, passée par l’animation de primes premium (Nouvelle Star), travaille pourtant depuis longtemps à Paris où, patiemment, elle a construit un chemin remarquable et une image de marque de plus en plus haut de gamme. Au boulot dans le cinéma depuis six ans, elle est de plus en plus considérée comme la fille tendance.
Une aura dont jouissent aussi Alex Vizorek et Charline Vanhoenacker, les Belges qui ont foutu le boxon sur les ondes françaises et lancé la mode médiatique du “p’tit Belge de service”. La preuve par Guillermo Guiz, qui présente son spectacle Guillermo Guiz a un bon fond au Point Virgule et s’est fait enrôler dans La bande originale de Nagui. Et comme il n’y a pas d’âge pour être Belge, Jacqueline Bir (82 ans) et Alain Leempoel (55 ans) exportent au théâtre La Pépinière leur duo-succès, Conversations avec ma mère. Nul n’est prophète en son pays, sauf les Belges qui le sont aussi à Paris.

Découvrez également la rencontre avec Pierre Kroll au Grand Palais pour la rétrospective Hergé, le focus sur Magritte: la trahison des images, l’expo événement du Centre Pompidou, notre entretien avec Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek, les bons plans etc. A voir à partir de ce mercredi en librairie ou sur notre édition numérique

Plus d'actualité