600.000 animaux utilisés dans les labos belges, est-ce vraiment utile?

Chaque année, près de 600.000 animaux sont utilisés dans les laboratoires belges. Mais on peut s’interroger sur la véritable utilité de ces expérimentations.

Tests sur les animaux - belga

En 2015, quelque 235.000 animaux étaient sacrifiés dans des laboratoires wallons, pour 240.000 en Flandre et environ 100.000 en Région bruxelloise (chiffres 2014). Lesquels? Détaillons les statistiques wallonnes, qui mentionnent principalement des rongeurs (61,29 %), des poissons (19,42 %), des lapins (17,71 %) mais aussi des vaches, des porcs, des oiseaux, des chevaux, des lézards et… quelques lamas. En 2014, notre pays comptait aussi 1.578 chiens et 120 chats utilisés à des fins d’expérimentation. Pour les premiers, principalement des beagles et des golden retriever, ce qui ne manquera pas d’émouvoir ceux qui connaissent leur naturelle gentillesse. “La majorité des beagles servent à tester des médicaments. On leur en fait avaler deux ou trois fois par jour, en leur mettant une sonde dans l’estomac, sans analgésique, ni anesthésie”, décrit Michel Vandenbosch, président de Gaia, l’association belge de défense des droits des animaux. 

Des modèles alternatifs

Certes, d’année en année, ces chiffres baissent de quelques centaines d’unités. Mais pour immédiatement augmenter en période de “pic d’activité”, comme lors des grandes épidémies (grippe aviaire, Ebola, Zika) où les commandes de l’industrie pharma tournent à pleines turbines. Jamais, donc, ces chiffres ne diminuent de manière structurelle ou contrôlée. “La plupart du temps, il s’agit d’une tendance purement volontaire. Certains laboratoires font vraiment l’effort de diminuer le nombre d’animaux utilisés. D’autres, par souci de rentabilité, décident de réutiliser le même animal pour des expériences successives… Ce qui fait sans doute baisser les statistiques, mais pas les souffrances”, observe Michel Vandenbosch. 
Remplacement, réduction, raffinement: la règle des “3 R”, proposée dès 1959 par les scientifiques Russell et Burch, est aujourd’hui reconnue comme un principe éthique établi quand la science fait appel à l’utilisation d’animaux. Ce principe, prôné dans les directives européennes et la loi belge, doit conduire à remplacer l’expérimentation animale par des modèles alternatifs, à réduire les répétitions d’expériences inutiles et à améliorer les procédures afin d’atténuer la souffrance des animaux au long de leur vie, même abrégée. Ce qui n’a pas empêché l’industrie de puiser dans le stock du vivant. En Europe, près de 11,5 millions d’animaux meurent ainsi chaque année dans les laboratoires et environ 400 millions dans le monde.

Pour découvrir la suite de l’article, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi 5 octobre ou sur notre édition numérique

 

Plus d'actualité