Ces Belges qui décident de s’expatrier

Notre pays fait rêver des populations issues de régions en proie à la guerre ou à la misère. Pourtant, certains de nos compatriotes décident de le quitter, pour longtemps ou pour toujours. Et ils seraient de plus en plus nombreux.

530.000 Belges vivraient hors du territoire national. - CÂät

Les Bruxellois en font l’expérience, en particulier dans les communes de Saint-Gilles ou Ixelles. Certains Wallons aussi, dans les zones frontalières. La tendance à l’expatriation est nettement à la hausse chez nos voisins français. Ils sont d’ailleurs à ce point nombreux à quitter l’Hexagone que tant la classe politique que les médias locaux s’alarment aujourd’hui devant ce gaspi de forces vives de la nation. Mais qu’en est-il chez nous, où le Belge, censé être lesté d’une brique dans le ventre, n’est pas spécialement réputé pour sa propension à établir des diasporas, si ce n’est peut-être sur la Costa del Sol? Si on en croit les chiffres, bien qu’ils soient moins spectaculaires qu’en France, il se passerait bien quelque chose (voir encadré ci-dessous). 
Mais revenons d’abord au cliché des plages espagnoles bondées de retraités belges. Il est toujours d’actualité, le nombre des seniors qui veulent profiter d’une retraite heureuse sous des cieux plus cléments est bien en augmentation. Mais il mériterait aujourd’hui d’être transposé un peu plus au nord. Comme l’explique Diego Angelini, de l’Union francophone des Belges de l’étranger, “les pensionnés qui partent au Portugal, puisqu’ils sont défiscalisés pendant dix ans, ce n’est pas forcément pour apprendre le portugais”. 
Quant aux candidats au véritable déracinement, on remarquera d’abord une certaine prudence, traduite par un éloignement en forme de cercles concentriques autour de la mère patrie: ils choisissent avant tout les pays limitrophes (France, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg). L’Europe ensuite (Royaume-Uni, Suisse, Italie, Espagne, Portugal). Et sur les autres continents, plutôt les États-Unis, le Canada, la Chine ou l’Australie… Pour un bref aperçu sociologique de la chose, sachez que ce seraient des Bruxellois qui partent en priorité, suivis des Wallons et enfin des Flamands. Et qu’en général, il s’agit plutôt de jeunes actifs, hommes et femmes, qualifiés ou très qualifiés.

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Un Belge sur vingt vit à l’étranger

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ils seraient 530.000 Belges à vivre hors du territoire national, soit environ un Belge sur vingt. Cependant, un nombre indéterminé de nos compatriotes qui s’expatrient ne le déclarent pas auprès de leur administration communale… D’autres chiffres, eux, traduisent l’évolution de ce qu’il faudrait considérer comme un phénomène. En 2011, le SPF Affaires étrangères recensait 362.840 ressortissants belges à l’extérieur du territoire national. En 2016, ils sont officiellement 427.067, ce qui équivaut à une augmentation de 15 %. On signalera aussi que le solde migratoire national est résolument négatif: le départ des Belges qui émigrent n’est pour l’heure pas compensé par l’arrivée de nouveaux migrants.

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