DOSSIER. Nos victoires sur le cancer

Cancer du sein, du côlon, du foie… Les diagnostics claquent et s’additionnent comme une épidémie. Pourtant, les bonnes nouvelles existent. La maladie recule, particulièrement en Belgique où les soins et les chercheurs sont au top.

En Belgique, dix nouvelles études cliniques démarrent chaque mois - Getty Images

Jamais, sans doute, la maladie nommée « cancer » n’a semblé aussi présente dans notre quotidien. Et les perspectives immédiates ne semblent pas réjouissantes. ”La population vieillit et l’âge est le facteur de risque le plus important pour développer un cancer, explique le docteur Didier Vander Steichel, directeur médical scientifique de la Fondation contre le cancer. Le tabou du cancer a reculé, on en parle plus facilement, ce qui accentue encore cette perception. On ne peut pas non plus négliger l’effet secondaire des dépistages: certains cancers détectés à un âge avancé ne se seraient peut-être pas déclenchés rapidement. ”Mais au-delà des impressions, les chiffres ne trompent pas: les 65.487 nouveaux cancers diagnostiqués par an aujourd’hui se monteront à près de 76.000 cas en 2025, soit une augmentation de 16 %. Cela représente 208 personnes par jour au lieu de 179 aujourd’hui. Il faudra évidemment plus de soignants, de médecins, d’infirmiers et de cancérologues pour soigner tout cela.”
Heureusement, la Belgique n’est pas démunie devant une telle expansion du phénomène. Notre pays se situe à la pointe de la recherche avec des médecins de grande qualité et des sociétés connues internationalement. “L’excellence doit être notre seule priorité: la qualité des soins est primordiale tout comme la rapidité de la prise en charge, insiste le docteur Vander Steichel. Et il y a encore des choses à améliorer. Par exemple, des cliniques du sein ont été créées. Mais on n’oblige pas toutes les femmes à passer par ces structures spécialisées.” Face à la maladie, les Belges, d’ailleurs, gardent espoir. Lors du baromètre 2016 “Les Belges face au cancer”, près de deux personnes interrogées sur trois (64 %) pensaient que la recherche pourrait en venir à bout à long terme. Cette enquête Ipsos, validée par des oncologues belges et avec le soutien de MSD Belgique, avait amené le professeur Jerusalem, chef de service d’oncologie au CHU de Liège, à affirmer: ”Non seulement certains cancers ont un taux de guérison élevé avec l’arsenal thérapeutique existant, c’est le cas du cancer du sein ou du cancer du côlon. Mais surtout, on est à l’aube d’une nouvelle ère thérapeutique avec l’immunothérapie. Les résultats d’essais cliniques sur différents types de cancers jusqu’il y a peu intraitables sont impressionnants”.

Étouffer la tumeur

Le professeur Neyns dirige l’oncologie médicale à l’UZ Brussel et il se montre tout aussi optimiste: “Le mélanome est un cancer relativement bien traité s’il est pris à temps. Par contre, il devient extrêmement difficile à traiter à un stade plus avancé. Heureusement, pour le mélanome mais aussi pour les cancers du poumon ou du foie, l’immunothérapie offre de nouvelles perspectives”. Un discours partagé par Maggie De Block, ministre fédérale de la Santé: ”Nous avons des médecins et des chercheurs efficaces dans ce domaine et nous devons donner au patient plus rapidement accès à ces nouvelles thérapies. Mais pas trop rapidement non plus. Je ne veux pas d’erreur. La sécurité du patient doit être prioritaire, même dans le cadre de la mise sur le marché de nouveaux produits. À côté de  cela, l’aspect héréditaire de certains cancers, celui du sein notamment, doit pousser les personnes potentiellement concernées à mieux se surveiller et à utiliser le dépistage”.
En Belgique, dix nouvelles études cliniques démarrent chaque mois. Plus de 400 essais sont actuellement menés dans les différents hôpitaux du pays. Plus que jamais, l’avenir de la lutte contre le cancer passera par des examens plus précis et des médicaments ciblés qui ne détruiront pas les “bonnes” cellules, mais seulement les mauvaises. Si la chimiothérapie reste très employée, des alternatives existent. Certains médicaments empêchent les signaux qui incitent les cellules cancéreuses à se diviser trop vite, d’autres médicaments reconnaissent spécifiquement les cellules cancéreuses grâce à certaines molécules présentes en quantité importante, enfin des médicaments empêchent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, chargés d’apporter à la tumeur l’oxygène et les éléments nutritifs. 

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