Procès Wesphael: la parole aux experts

Il va connaître ces prochains jours un procès surmédiatisé qui le reconduira en prison ou à son  domicile. Rappel des faits et des thèses dans une affaire où ils ne sont pas deux, mais trois: le  suspect, la victime et l’amant.

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La nuit du drame

Hôtel Mondo, Ostende, le 31 octobre 2013. Que s’est-il passé entre 20h41 et 22h58 dans la chambre 602 après un début de soirée arrosé? L’autopsie a montré que Véronique Pirotton avait 2,9 gr d’alcool dans le sang. Entre ces murs, dans la salle de bains sans doute, elle a perdu la vie. S’est-elle suicidée? Est-ce un accident? L’a-t-il tuée? Trois thèses pour une vérité. Durant l’instruction, 80 témoins ont été entendus. Mais dès les premières minutes de l’enquête, Bernard Wesphael qui était à ses côtés est devenu le coupable idéal aux yeux des observateurs et des policiers. Ce 15 septembre 2016, par la constitution du jury, s’ouvre à Mons devant la cour d’assises du Hainaut son procès très médiatique (premiers débats le 19). Il doit livrer une vérité, au moins judiciaire. Une vérité qui sera également importante pour Victor, le fils de Véronique Pirotton. Pour rappel: ce procès qui devait se tenir le 22 février a été reporté à cause d’erreurs de traduction du néerlandais au français. 

Non coupable 

Bernard Wesphael a été libéré sous conditions le 26 août 2014 après  dix mois de détention préventive par la chambre des mises en accusation de Gand. L’ex-député Écolo va plaider l’innocence après son renvoi pour “meurtre” (selon le parquet, le crime n’était pas prémédité) et pas pour “assassinat”. L’ex-président du Mouvement de gauche rappelle notamment que le sachet en plastique trouvé dans la salle de bains ne comporte pas son ADN. Selon lui, son épouse serait décédée des suites d’une absorption de médicaments qui, en combinaison avec un excès d’alcool, aurait débouché sur une issue fatale. Il se défend en outre d’être un homme violent. “Il n’a jamais levé la main sur personne”, disent des proches qui reconnaissent toutefois “qu’il peut boire quelques verres de temps en temps.” Mais quid des éclats de voix entendus dans les chambres voisines, des traces de griffures que Bernard Wesphael présentait aux avant-bras ou encore des marques sur le cou de Véronique, plus de 30 hématomes que certains attribuent à une strangulation?

20 ans de prison  

S’il ne convainc pas, la peine maximale encourue en cas de meurtre varie de 20 à 30 ans. Sa stratégie est-elle la bonne? Certains en doute. Pourtant,il n’a en tout cas aucune intention de retourner en prison, lui qui en connaît toute la sombre réalité depuis que la procureure du Roi de Bruges l’y a envoyé. En octobre 2015, il s’exprimait d’ailleurs publiquement via Facebook: “Je garde ma force de conviction en la justice des hommes, sachant que par définition elle n’est pas parfaite et mon intention n’est pas d’accabler globalement l’institution judiciaire. De la même manière je ne vais pas m’étendre sur la tristesse que je traverse chaque jour en repensant à ce drame et à la souffrance d’un adolescent qu’au fil du temps j’ai appris à aimer comme un fils, n’en déplaise aux jeteurs de troubles.”

Tentatives de suicide 

Depuis cette nuit tragique à la côte belge, les “faits” ont renforcé la famille de Véronique Pirotton dans sa conviction: Bernard Wesphael est coupable. Pour les proches de la défunte, “cela ne fait pas l’ombre d’un doute”. Ils espèrent même que, lors du procès, il “quitte sa posture de déni” et “reconnaisse les faits”. Ils rappellent que “le juge d’instruction, le procureur du Roi de Bruges, le procureur général de Gand, la chambre des mises en accusation de Gand…” ont tous posé un acte en ce sens. Toutefois les parents de Véronique Pirotton ne peuvent occulter un certain mal de vivre chez cette dernière. Au cœur de l’affaire, les problèmes d’alcool et les quatre dernières tentatives de suicide de Véronique Pirotton offrent une opportunité de travail  aux avocats de la défense, même si ses proches parlent eux d’appels à l’aide pour ces récents événements.

La suite dans le Moustique du 14 septembre 2016

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