10 choses à savoir sur Nick Cave

Un an après la disparition de son fils, le crooner publie un seizième album thérapeutique où la beauté mélancolique prend le dessus  sur la tristesse.

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1 “Skeleton Tree” est indispensable

“Skeleton Tree”, seizième et nouveau disque du dandy crooner australien enregistré avec son groupe The Bad Seeds est sorti ce 9 septembre. C’est une réussite. Il a été précédé, vingt-quatre heures plus tôt, de la présentation à la Mostra de Venise et dans les salles du groupe Kinépolis du documentaire One more time with feeling sur lequel nous sommes plus partagés (voir ci-dessous). Marqué par la mort accidentelle d’Arthur Cave, le fils du chanteur âgé de 16 ans tombé d’une falaise de Brighton (Angleterre), en août 2015, “Skeleton Tree” baigne dans une beauté mélancolique drapée. Au menu de ce disque enrobé d’une pochette toute noire: des cordes arrangées par le fidèle Warren Ellis, du piano, une batterie feutrée, des guitares discrètes et presque jamais amplifiées et surtout cette voix profonde de Nick Cave (59 ans ce 22 septembre) qui récite plus qu’il ne chante. Tout en métaphores, il est question dans les huit morceaux de “chute du ciel”, de Dieu, de sang, de rédemption, de téléphone qui sonne sans qu’on réponde et d’un “blue eyed boy” que le narrateur prend par la main. Jesus alone, Girl in amber, I need you et Distant sky interprétée avec la chanteuse soprano danoise Ele Troop s’inscrivent parmi les chansons les plus bouleversantes de son répertoire.

2 Un documentaire qui interpelle

Réalisé par le Néo-Zélandais Andrew Dominik, déjà derrière L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (2007) pour lequel Nick Cave et Warren Ellis ont composé la B.O., One more time with feeling est bien plus qu’un making of.  Et c’est là que le bât blesse. Sur le fond, les plus beaux moments sont ceux où Dominik se contente de capturer Cave et les Bad Seeds  occupés à créer les chansons de “Skeleton Tree” au Air Studio de Londres. Mais voilà, Dominik joue trop au réalisateur arty avec une caméra 3D qui filme en noir et blanc une caméra traditionnelle filmant elle-même Nick Cave. Entre deux interviews philosophiques dans un taxi où Cave explique avec difficulté comment il écrit ses textes, on a droit à des intrusions inutiles et parfois gênantes dans la vie privée du chanteur: sa maison à Brighton, sa cuisine, sa femme Susie très mal à l’aise, le frère jumeau d’Arthur avec toujours cette chape de plomb pesante. Bref, c’est un peu Les orages de la vie version Arte. À un moment, Nick Cave déclare face caméra: “Je me demande pourquoi je vous laisse filmer tout ça.” C’est la question qu’on se pose aussi.

3 Dieu comme obsession

Le nouveau single Jesus Alone est là pour le rappeler. Dieu, la Bible et la religion sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de Nick Cave. “Je ne suis pas religieux, je ne suis pas catholique, s’est-il pourtant défendu dans une interview au Los Angeles Times en 2010. Mais je me réserve le droit de croire en la possibilité d’un Dieu. En tant qu’artiste, c’est nécessaire d’avoir une partie de soi qui est persuadée d’une telle existence et, de ce fait, il y a effectivement une influence divine dans mes chansons.”

La suite dans le Moustique du 14 septembre 2016

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