Marc Lavoine revient sur sa première fois

Chanteur, comédien et romancier à succès, il réinvente le conte musical avec “Les Souliers Rouges” avant de monter sur les planches à Wolubilis avec Le Poisson belge. Rencontre.

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Marc Lavoine a 54 ans et déborde d’énergie. Heureux, amoureux et un peu peureux. “D’une manière ou d’une autre, j’ai toujours le trac”,  avoue-t-il devant un café serré qu’on vient de lui servir au bar cosy de l’Amigo. “Je suis toujours angoissé à l’idée que les gens qui m’ont fait confiance se sentent trahis: les producteurs, le metteur en scène, l’éditeur et, bien sûr, le public. Si on apprend toujours quelque chose dans l’échec, on y perd aussi des plumes. Et ça ne s’arrange pas avec l’âge. Au début, vous êtes insouciant, vous pouvez commettre des erreurs de jeunesse et on vous le pardonne. Plus vous avancez, moins vous avez droit à des accidents de parcours. La forme doit toujours être cohérente avec le fond.”
Ce 9 septembre, son projet de conte musical “Les Souliers Rouges” qu’il mûrit depuis huit ans avec son complice des premiers jours Fabrice Aboulker est enfin dévoilé au public en format CD. Aux côtés de Cœur De Pirate et de Arthur H, Lavoine modernise une intrigue imaginée par Andersen en 1880.  Soit une ballerine rêvant de gloire (Cœur De Pirate), un chorégraphe (Arthur H) et l’auteur du livret (Marc Lavoine) qui se déchirent entre passion artistique et amoureuse. En attendant un hypothétique ballet, le disque est là. Et réussi. Quinze chansons baignées de cordes et de piano sur lesquelles les voix complémentaires des trois protagonistes font des entrechats. Avec des perles mélodiques comme Vivre ou ne pas vivre, Je sais ou encore Qu’il est difficile. 
Outre “Les Souliers Rouges”, dont il assure seul le service après-vente, Marc Lavoine reprend sur les planches Le Poisson belge, pièce de Léonore Confino qu’il présente notamment au Wolubilis, à Bruxelles, du 19 au 21 octobre. Il travaille aussi à l’adaptation cinématographique de son roman autobiographique L’homme qui ment, best-seller (100.000 exemplaires) aussi inattendu que mérité paru chez Fayard début 2015. Marc Lavoine ne jouera pas dans le film mais le réalisera. Un roman, un conte musical, une pièce de théâtre, un film derrière la caméra… Autant de nouvelles expériences qui méritaient qu’on revienne avec lui sur cette notion grisante de “première fois”.

Premier job

“À seize ans, j’abandonne mes études et je ‘monte’ à Paris, bien décidé à faire une carrière artistique. J’écris des chansons, j’intègre une troupe de comédiens et je touche mon premier salaire comme ouvreur à l’Olympia. Nous sommes à la fin des années soixante et je découvre un nouveau monde.”

Premier 45 tours

“Bien que timide, je montre mes premières chansons à Patricia Coquatrix (fille de Bruno Coquatrix, le directeur de l’Olympia, – NDLR) qui me recommande auprès du producteur et compositeur Fabrice Albouker. Fabrice me teste d’abord comme chanteur dans un groupe rock, The Vice, avant de me lancer dans la chanson. C’est avec lui que je  sors mon premier 45 tours (Je ne sais plus de quoi j’ai l’air en 1983). Et puis il y a Elle a les yeux revolver. Voici six ou sept ans, c’est encore Fabrice qui me propose de travailler avec lui sur ‘Les Souliers Rouges.’”

La suite dans le Moustique du 7 septembre 2016

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