Le grand, le gros et le petit journal

Désormais déclinés en trois versions, les magazines d'access prime time sur Canal+/Be tv ont fait leur rentrée ce lundi. Avec plus ou moins de réussite.

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Le grand journal

Même générique, même décor, éclairé dans des ton bleus plutôt qu’orangés… La différence avec Le grand journal de Maïtena Biraben est étonnamment discrète. Aux commandes, un Victor Robert naturel et complice, qu’on a rarement vu aussi enjoué. Le journaliste, qui se cantonnait l’année passée, au mini journal du Grand journal, s’est choisi une nouvelle équipe où seul Augustin Trapenard représente l’arrière-garde. Les nouveaux ont tous les âges, tous les styles, tous les sexes. André Manoukian, éternel bon client, a déjà réussi à parler d’Egon Schiele avec François Ozon, qui ne s’attendait pas à élever jusque là la présentation de son film Frantz, averc Pierre Niney. Alice Darfeuille, piquée à iTélé, a trouvé immédiatement sa place de coanimatrice. Jolie, brillante, sans ce côté «je le vaux bien» des chroniqueuses qui se regardent devenir stars. Autres nouvelles, Brigitte Boréale, journaliste sports de Libé, qui ne s’est guère exprimée, et Ornella Fleury, humoriste et miss Météo qui a produit un premier numéro inégal, apostrophant notamment sans grande délicatesse sa collègue transgenre. On verra comment elles s’installent. Mais l’ambiance était joyeuse, le public chauffé à blanc, Victor Robert impeccable – et lucide (qualifiant son siège de «mythique bien qu’éjectable»). Et le découpage, entre une première partie cryptée et une seconde en clair, tient la route comme le rythme. Bref, même si l’émission démarre avec un gros handicap vu le désastre de la dernière saison, Robert a raison de dire que «le Grand Journal n’est pas mort, il respire encore»…

Le gros journal

Annoncé vite fait en juin, sans plus d’infos, Le gros journal de Mouloud Achour a débarqué en clair sur la quatrième chaîne française. Au menu, un plateau mobile et des interviews, ponctuées de séquences comme l’excellent Gros mot de l’humoriste Kévin Razy ou encore le retour de la Carte blanche, donnée à Jamel pour cette première. Bon ok, le principe n’a rien de novateur, mais l’approche de ce Gros journal est différente. Et n’allez pas croire que le nom choisi fait référence au physique de son animateur, mais bien aux «grosses préoccupations des gens». C’est que cette nouvelle émission, même si elle accueillait Vincent Cassel comme premier invité, a pour but de faire parler les téléspectateurs, ceux qui vivent l’actu de près ou de loin. Au programme, on pourra croiser un buraliste ou encore l’un des premiers Français à avoir récolté tous les pokémons dans Pokémon Go. Et on peut compter sur Mouloud Achour pour que le résultat soit humain et un poil décalé. Il a ce don là, comme il le prouve avec sa plateforme Clique.tv qui rassemble des millions de vues. Un bon départ!

Le petit journal

C’est peu de dire que le Petit journal de Cyrille Eldin était attendu au tournant… Et la claque n’a pas manqué. Lui qui annonçait en interview «vouloir changer le principe, être moins convenu, plus bordélique que Yann Barthès» a réussi son coup. Mais pas pour le meilleur. Ultra-stressé à l’antenne, l’ex-trublion du Grand journal a repris le principe de ses incursions chez les politiques. Et c’est tout, en bref. Pendant 21 minutes (soit loin des 50 du Petit journal version Barthès) Eldin a (trop) donné de sa personne, tentant d’être sur tous les fronts. Il a imité François Hollande, Nicolas Sarkozy, interviewé Macron, Nadine Morano, lancé deux nouvelles recrues, Sandrine Calvayrac et Mathilde Warnier, pour qu’elles fassent du Eldin, parlé de lui, beaucoup, et enfin, rendu l’antenne. Résultat, une pluie de tweets désapprobateurs ont pointé le «nombrilisme» de l’animateur, «un rendu gênant», et une certaine «connivence politique». Bon c’est vrai, cette première était loin d’être parfaite. Mais il faut laisser du temps au temps.

Marie Frankinet et Yannic Duchesne

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