Nas enflamme le Cabaret Vert

Le rappeur de Brooklyn a retourné la plaine du festival ardennais.

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Direction Charleville-Mézières dans les Ardennes françaises pour ce dernier week-end de vacances scolaires, on met le cap sur le Cabaret Vert, un festival qui affiche une programmation de haut-vol pour sa douzième édition. Résultat, le public ne s’est pas fait prier pour venir arpenter la plaine du site Bayard : dans la chaleur écrasante de cette fin août, ils sont des dizaines de milliers. Et on les comprend, l’ambiance de cet événement qui tire son nom d’un poème d’Arthur Rimbaud est bon enfant, assez loin des mastodontes de l’industrie des festivals, on y boit du jus de pommes bio, on peut aller s’abriter sous les arbres du Temps des Cerises entre deux concerts et surtout profiter de toute la gastronomie du coin (majoritairement des pains-frites).

Au programme de ce vendredi, on a le choix et surtout l’occasion de faire le grand écart entre du hip-hop classique, du rock historique ou sorti tout droit d’un télécrochet (les L7) et du rap français. Nas, le roi de la East-Coast, y fait une escale dans sa tournée Européenne. Pile à l’heure, contrairement à la majorité de ses collègues de la nouvelle scène hip-hop, le rappeur originaire de Brooklyn est prêt à livrer un concert best-of. Une vraie claque. Débarqué avec un batteur et un DJ -venu comme à l’école avec son sac à dos- Nasir Bin Olu Dara Jones de son vrai nom commence par poser l’ambiance avec un medley de ses plus grands succès, comme un chef nous ouvrirait l’appétit avec des amuses-bouches avant de passer au plat de résistance.

Souriant, généreux, Nas donne de sa personne, remercie grandement la foule massée devant lui, brandit les drapeaux que lui tendent les festivaliers et livre quelques hommages, dont un vibrant à Michael Jackson. I Know I Can, NY State of Mind, The Message, Nastradamus, Hip-Hop Is Dead, le MC lâche les hits et les chevaux avec, la tension monte d’un cran dans la plaine du Cabaret Vert. Assez pointilleux sur les dates, le rappeur n’oublie jamais de resituer ses morceaux, rappelant les classiques dont le mythique album Illmatic, comme un cours d’histoire du hip-hop en live. Une prestation dont on se souviendra longtemps, clôturée par un joli One Love et l’extrait de Bob Marley. La classe.

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