Sonia Rykiel s’est éteinte

La créatrice de mode est décédée à l'âge de 86 ans des suites de la maladie de Parkinson.

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Avec sa chevelure rousse flamboyante et son goût pour les robes noires, la créatrice s’est inventé, plus qu’un look, un personnage. De ceux qu’on identifie du premier coup d’œil. Et pour cause, elle avait l’imagination débordante, irrépressible. Une énergie créatrice qu’elle insufflait dans chacune de ses pièces, réinventant les codes, comme celui de la rayure – devenu le motif fétiche de la maison. Passé sous ses mains, la rayure a retrouvé ses lettres de noblesse, délaissant ses racines marines pour devenir un hit des podiums. Profondément parisienne, la couturière née en 1930 dans la ville lumière incarnera l’esprit rive gauche toute sa vie. Et ce jusqu’à sa mort, ce jeudi 25 août, à 86 ans des suites de la maladie de Parkinson dont elle se savait atteinte depuis 15 ans.

Elle laisse en héritage des dizaines de petites révolutions, des coutures à l’envers aux premiers joggings sophistiqués. Depuis ses débuts dans l’industrie de la mode, dans le magasin de prêt-à-porter de son mari, Sam Rykiel, c’est cette capacité à transformer n’importe quel basique en indispensable bijou de peau qui la différencie. La preuve avec sa première pièce, un pull très fin et moulant, créé pour répondre à ses propres attentes. Il sera le best-seller de la boutique de son époux, un must-have qu’Audrey Hepburn achète en douze teintes. Fraîchement divorcée en 1968, elle lance sa première enseigne en solo à Saint-Germain-des-Prés. C’est le début du tourbillon.

Rien ne l’arrête, aucune frontière, aucun tabou. Le style Sonia Rykiel, c’est l’incarnation de la liberté. La démode, comme elle l’appelle qui suit le principe « selon lequel il faut porter le vêtement pour son propre corps, et non en fonction des diktats que la mode lui impose ». Une forte tête qui se moque des codes bourgeois et est la première à dessiner des modèles pour la marque 3 Suisses en 1977. Elle qui ne sait absolument pas tricoter est surnommée la « reine du tricot » par un magazine américain. A l’époque, Women’s Wear Daily a certainement voulu bien faire. Un titre qui lui restera jusqu’à la fin de ses jours. Pourtant, la laine est loin d’être sa matière de prédilection. La couturière préfère de loin la maille, le jersey, la dentelle, le strass,… Des matières, des jeux de lignes, des couleurs, un style qui – plus que tout – accompagnent la libération du corps des femmes, la mode Rykiel ayant maqué de son empreinte légère et souriante les années féministes. Sur les podiums, les mannequins Rykiel contrariaient la réputation tire-gueule de la fashionsphère et avançaient – délurées – en combattante du sourire et, pour tout dire, en fofolles parisiennes. Reste à espérer que là-haut tout le monde aime les pulls et les écharpes rayés.  

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