Benjamin Maréchal: “Ni racoleur ni populiste”

Il serait critiqué dans les couloirs de  sa propre maison... Pourtant, le journaliste s’est ouvert de nouvelles portes à la RTBF.

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Avant l’été, les rumeurs l’avaient annoncé en partance pour le navire RTL-TVI, mais c’est bel et bien sur les chaînes de la RTBF qu’on le retrouvera. Roi incontesté de la matinale sur Vivacité avec Le 8-9 et C’est vous qui le dites, Benjamin Maréchal devrait également être présent en télévision où il animerait un talk-show. Une des raisons qui l’ont poussé à abandonner le nid d’On n’est pas des pigeons, où il présentait depuis 2011 une revue de presse.
Pourquoi quittez-vous On n’est pas des pigeons?
BENJAMIN MARÉCHAL – La saison dernière a été très lourde sur le plan physique. Pour préparer Le 8-9 et C’est vous qui le dites, je me lève vers 4h30 le matin. J’enchaînais des émissions radio, la préparation et l’enregistrement des Pigeons. Ça me faisait des journées qui se terminaient souvent vers 17 h, 17h30, avec des moments d’adrénaline très intenses. C’était compliqué à gérer. 
On devrait néanmoins vous retrouver en télévision pour un talk-show de deuxième partie de soirée…
B.M. – On m’a un jour appelé dans un bureau et on m’a  demandé si ça me tentait et si j’avais des idées. Visiblement, celle que j’avais a intéressé la direction et on a très vite bossé dessus, pour en faire un rendez-vous hebdo. Je n’ai pas le droit d’en parler avant la conférence de presse de rentrée. La seule chose que je peux dire, c’est que ce sera un talk-show de société, dans l’univers de C’est vous qui le dites, mais sans le curseur polémique.
Justement, on vous a souvent reproché des interviews un peu brutales. Est-ce pour contrecarrer  les entretiens lénifiants entendus ailleurs?
B.M. – Dans C’est vous qui le dites, on ne fait pas de la conférence, on ne se contente pas de tendre le micro. Nous, on s’est dit qu’on allait essayer de faire un échange et d’aller le plus loin possible. Et donc il faut parfois forcer cet échange. Mais c’est ce qui nous amène à avoir un contenu intéressant à la fin, d’avoir des gens qui se  remettent même en question en cours d’émission. Personnellement, je ne me retrouve pas dans les médias bienveillants, où il faut dire bonjour et merci dix fois, je trouve ça très peu naturel. Le grand jeu aujourd’hui, c’est de mettre de la fausse rondeur, de la fausse convivialité. Moi, je suis poli et gentil, mais on n’est pas obligé de dire merci cinquante-sept fois pour le prouver. Je ne suis pas l’apôtre de la polémique à tout prix, mais la convivialité à tout prix confine au mensonge envers les auditeurs.
Vous déclarez être impopulaire à la RTBF. Mais la direction préférerait se couper un pied plutôt que se passer de vous. Une situation compliquée à gérer? 
B.M. – Ce n’est pas que la direction m’aime ou pas. Mais en termes de stratégie, je suis un produit qui atteint son objectif et sa cible. Après, en interne, il y a des gens qui ne comprennent pas ce qu’on fait le matin, qui en sont toujours à se dire après avoir écouté une demi-émission qu’on est racoleurs et populaires. Il y a cette culture  d’entreprise qui veut absolument distinguer les gens qui travaillent à la rédaction et le reste du monde. Je suis contre cette logique binaire. De toutes mes forces, je la conteste. Ce qui suscite parfois de l’inimitié. 
Quand on vous traite de poujadiste, ça vous énerve encore?
B.M. – Ce qui est poujadiste, pour certains, c’est de parler de l’actualité avec des anonymes qui n’ont pas de fonctions politiques ou universitaires. Ou quand on prend des sujets de société. C’est une vision que je ne partage pas. L’actualité appartient à tout le monde. À partir de là, si certains continuent à penser que c’est poujadiste et      racoleur, que ces gens continuent à penser, moi j’ai ma conscience pour moi. Ça ne m’énerve pas, mais ça me fatigue. Toutes ces critiques visent le Benjamin professionnel. Mais je ne me vis pas comme le racoleur populiste de la Communauté française. Et c’est sans doute ça qui me sauve, faire une grande distinction entre ma vie professionnalise et ma vie privée. 

La suite dans votre Moustique du 17 août 2016

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