Le blockbuster dans la peau

Retour gagnant de Matt Damon en Jason Bourne, avec le cinéaste Paul Greengrass particulièrement inspiré derrière la caméra. 

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Alors que, pendant longtemps, l’idée d’un nouveau Bourne porté par Matt Damon n’était pas concevable pour l’acteur, ce dernier avait fini par un peu plier, mais ne pas rompre sur une exigence: il ne rempilerait pour un nouvel épisode que si le réalisateur de La mort dans la peau et La vengeance dans la peau, Paul Greengrass, revenait lui aussi dans le jeu de quilles. 
“Même si je ne suis pas trop sensible aux honneurs, le fait que Matt conditionne un nouveau film de la saga à ma participation m’a bel et bien flatté”, reconnaît Greengrass, qui a donc définitivement Damon dans la peau. “Et j’ai pris un plaisir fou à le remettre sur orbite, en remontant une petite décennie en arrière, c’est-à-dire juste après “mon” dernier Bourne (La vengeance dans la peau – 2007), et non après L’héritage (2012), que je n’avais pas réalisé”, conclut-il, indiquant poliment que ce dernier ferait donc figure de parenthèse pas si enchantée que ça dans la dynastie Bourne.

Depuis près de dix ans, donc, Jason Bourne assurait son existence en participant à des combats de boxe très borderline. Jusqu’au jour où Nicky Parsons reprend contact avec lui. Car elle a mis la main sur les archives de dossiers    ultra-sensibles de la CIA, où elle a découvert un élément sur le passé de l’agent amnésique. Il en sort un blockbuster bien balancé entre action musclée et une sorte de War Games remis au goût du jour. “Je n’y avais pas pensé, mais la comparaison avec War Games me plaît assez bien!”, acquiesce Greengrass. “Le contexte de ce nouveau film est d’autant plus moderne que les enjeux   informatiques sont élevés. Entre la possibilité pour le gouvernement américain de couper l’électricité dans la ville de Reykjavik, et celle de trouver n’importe qui n’importe où grâce aux logiciels de reconnaissance faciale, le spectateur sentira bien entendu des  références voulues à l’affaire Edward Snowden. Je n’ai rien inventé au niveau des possibilités techniques. Je me suis juste parfaitement documenté pour réaliser ce film correspondant à ma vision du blockbuster: du divertissement, certes, mais crédible, aussi! C’est-à-dire tenant compte de ce qui est réellement possible, et de ce qui ne l’est pas! Sans négliger l’action pour autant.”
De fait, côté baston et cascades, Greengrass met les choses aux poings dès la première scène de traque de Bourne. Entre les gigantesques écrans de surveillance de la CIA, les charges des policiers grecs sur les manifestants, et la manière dont les deux agents échappent à leurs poursuivants, on sent le bonheur de signer de grands moments épiques. Pour un cocktail estival fameusement bien balancé.

BOURNE, réalisé par Paul Greengrass. Avec Matt Damon, Vincent Cassel, Alicia Vikander – 130’.

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