Ronquières 2016: un bilan et des souhaits

Le festival hennuyer soufflait ses cinq bougies cette année. Une édition soldout dont on fait le tour de bâbord à tribord.

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Pour son cinquième anniversaire, le Ronquières Festival a affiché complet de bout en bout. 36.000 personnes étaient présentes au pied du plan incliné pour célébrer l’occasion. Un excellent présage pour l’avenir mais à certaines heures on se sentait un peu à l’étroit, surtout au moment de passer d’une scène à l’autre. Le site qui a déjà grandi au fil de son existence pourrait encore prendre de l’ampleur pour faire face à son succès.

Un gros oui au mapping!

En invitant les frères carolos de Dirty Monitors le festival a visé juste. Leur video mapping, un spectacle de projection lumineuse en 3D, a captivé l’assemblée pendant un quart d’heure samedi et dimanche. Trompe-l’oeil futuristes et apparitions de créatures ont donné à la tour du plan incliné une toute autre allure. Rampe de lancement spatiale, immeuble délabré, disparition, rien n’a été épargné à l’édifice.  On aimerait que l’organisation garde le concept tant il fut efficace et a su (enfin) exploiter le potentiel du site.

Puggy et Alice On The Roof à domicile

Si on a été laissé sur notre faim du côté des découvertes, Jain nous a quand même conquis par son enthousiasme et son culot. La petite française de 24 ans a été le vrai vent de fraicheur de cette cinquième édition qui s’est déroulée sous un soleil de plomb. Les têtes d’affiche, elles, ont tenu leur rang à Ronquières. Samedi, Puggy, visiblement très attendu, a fait chavirer tous les festivaliers de la scène Tribord et a livré un show taille patron. Impeccables de maîtrise et d’énergie tout au long du concert le plus chaud du festival. Le lendemain, Alice On The Roof qui n’était pas très loin de son fief montois est montée crescendo pendant une heure avant de finir par un joli bain de foule- et de prendre un gros ballon coloré dans la figure. L’ancienne de The Voice s’est même fait plaisir avec une reprise du « Dancing Queen » d’ABBA. Soutenue par un public bienveillant, la chanteuse à la crinière rose et à la robe de princesse « n’avait jamais vécu ça » et était, de son propre aveu, très émue au moment de remercier l’audience. Le public de Ronquières est en tout cas visiblement friand des pointures noires-jaunes-rouges.

Une programmation trop radio friendly

L’avantage de proposer des artistes qui font le bonheur des radios comme Broken Back, Matt Simons et Milky Chance c’est que ça permet de ramener des gens de tous les horizons. Comme à l’accoutumée, Ronquières a vu déambuler beaucoup de familles et d’enfants. Un public hétérogène qu’on n’a pas l’habitude de voir et qui fait la particularité de l’événement hennuyer. Le problème c’est qu’on a parfois eu l’impression de vivre plusieurs fois le même concert et de devoir attendre la dernière chanson, la plus connue, pour tendre une oreille plus intéressée…

Nos souhaits pour l’avenir

Auteur de quelques coups d’éclat pour ses premières années comme avec la venue de Woodkid il y a deux ans, on aimerait que l’organisation prenne plus de risque et s’écarte un peu de sa programmation un peu trop populaire et commerciale. Concernant le line-up toujours, plus de diversité serait aussi le bienvenu. Du rap, genre curieusement absent cette année, et plus de musique électronique pourrait donner une autre envergure à l’affiche. Enfin, un agrandissement du site serait appréciable pour régler la fluidité de la circulation difficile entre les scènes Bâbord et Tribord. On a quand même hâte de voir ce que le futur nous réservera après ces cinq première années d’ascension constante. Le Ronquières Festival a le potentiel pour continuer à grandir et on se demande où il en sera dans cinq ans!

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