Patti Smith rayonne sur Esperanzah!

Quelque 36.000 spectateurs, trois jours de fête et d’engagement : retour sur une 15e édition sans fausse note.

 

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À une époque où les festivals jouent des coudes en proposant quelques noms redondants et des têtes d’affiche interchangeables, Esperanzah! se démarque par son approche singulière. Une identité engagée et alternative, un esprit frondeur et du caractère. En 2016, cette prise de risque s’avère gagnante. Pendant trois jours, l’Abbaye de Floreffe a ainsi vu défiler près de 36.000 personnes. Soit une affluence record. Pour sa 15ème édition, Esperanzah! a trouvé la recette de son succès, en invitant des artistes atypiques, certains habitués (Manu Chao) et plusieurs musiciens qui touchent en plein cœur avec une musique venue d’ailleurs. Ici, pas besoin de blockbusters pour fêter une édition anniversaire à guichets fermés. À Esperanzah!, les festivaliers redécouvrent le plaisir des choses simples. Devant les scènes, c’est l’harmonie, le bonheur de partager des instants uniques. Les gens se réapproprient notamment l’ivresse de la chair de poule avec la soul rétro de l’Anglaise Ala.ni. Un nom anodin mais qui, demain, signifiera beaucoup. La petite protégée de Damon Albarn (Blur) a littéralement soulevé les cœurs dimanche après-midi. Le festival tient aussi à ses aspects festifs, à ces groupes qui, d’emblée, donnent envie de sautiller et de lever les bras au ciel. Pour ça, les New Yorkais de Too Many zooz font le boulot avec trois fois rien : un sax, une trompette et des percussions en fusion. Et puis, au sommet, il y a Patti Smith, un nom et une expérience. Entre lecture et concert, le charisme et les tubes (‘Because the Night’, ‘Gloria’), l’icône punk embrasse l’histoire du bout des lèvres avec un discours empreint de poésie, d’engagements politique et citoyen. Un message d’amour et de paix totalement raccord avec la personnalité d’Esperanzah! Musiques éclectiques, découvertes, spectacles de rue, séances ciné, actions de sensibilisation anticapitalistes (cette année, le « TTIP » en a pris pour son grade) et un paquet d’initiatives pour les enfants, rien à dire : l’événement fait du bien à l’été festivalier.

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