Roberto Martinez : une nomination en clair-obscur

Fumée blanche à l'Union belge, le nouveau coach des Diables Rouges est connu. La fin d'une chasse à l'homme aux critères ciblés.

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La campagne de recrutement du nouveau coach fédéral, avec son offre d’emploi publiée sur le Web en toute ingénuité, n’avait pas vraiment rassuré quant à l’amateurisme reproché à la fédération depuis plusieurs années. Pourtant, celle-ci a abouti plus vite que prévu, en la personne de l’ancien coach d’Everton, Roberto Martinez. En attendant qu’il puisse se défendre sur le terrain, jaugeons l’heureux élu sur le papier et au regard des trois critères prépondérants avancés par l’Union belge.

Son bilan : une expérience certaine et des promesses

L’Union belge voulait un coach avec «de l’expérience et qui a obtenu des résultats dans le milieu du football professionnel». Avec 425 matchs pros comme joueur et 444 en tant que manager, rien à dire, le successeur de Marc Wilmots touche sa bille en matière de ballon rond. Pour ce qui est des résultats, même s’il n’est pas Marcello Lippi qui figurait parmi les prétendants, l’homme a tout de même décrocher une promotion en Championship (D2) avec Swansea et une FA CUP (équivalent sexy de notre Croky Cup) avec Wigan. Un passage par les échelons inférieurs parfait pour faire ses gammes. Dans l’élite, on retiendra aussi une belle 5 ième place de Premier League en 2013 décrochée avec Everton au nez et à la barbe de clubs d’un autre standing comme Manchester United. Cette année là, ses Toffees développe un jeu attrayant et la presse anglaise est séduite par ce jeune entraîneur à qui elle promet déjà un futur dans un club du top.

Communication : un monde de différences par rapport à Wilmots

Pour trancher avec son prédécesseur en guerre ouverte avec une partie de la presse flamande, le nouveau sélectionneur devait avoir une communication « ouverte et solide ». Dans ce domaine, Martinez s’affiche comme l’opposé du « Taureau de Dongelberg ». Si les deux partagent un passé médiatique, l’ancien diable était cantonné dans rôle de consultant aux côtés de son ami Rodrigo Beenkens. Martinez multiplie lui depuis des années les expériences avec des pointures comme Sky Sports, ESPN et la BBC au service desquels il a officié en tant qu’analyste tactique lors des coupes du monde 2010 et 2014. Seul point négatif: il ne parle, à notre connaissance, ni français ni néerlandais mais l’URBSFA savait à quoi elle s’engageait en ouvrant sa recherche aux entraîneurs étrangers. On notera aussi que la presse anglaise s’est régulièrement moquée de l’indécrottable optimisme affiché en toutes circonstances par Martinez en conférences d’après match, même après une série de dix défaites d’affilée de suite avec Everton. 

Tactique : un coach offensif et qui sait battre les gros

Critique principale faite à Marc Wilmots par les 11 millions de sélectionneurs belges: une approche tactique et des choix discutables. (Fellaini en 10, vraiment?). Sous peine de passer à côté d’une génération dorée qu’elle ne connaîtra peut-être plus jamais, l’équipe nationale devait se doter d’un tacticien capable des pièges comme nous en avons connu contre l’Italie et le Pays de Galles. De ce point de vue, l’Espagnol s’est fait une certaine réputation en proposant souvent un jeu attractif bien qu’un peu trop porté vers l’avant par moment. Il diffère aussi de Wilmots par ses victoires face à des équipes et des coachs de niveaux supérieurs. Au cours de son séjour en Premier League, il a obtenu des succès de prestige face aux cadors notamment contre l’Arsenal d’Arsène Wenger ou le Chelsea de José Mourinho.

En résumé Roberto Martinez semble être une bonne pioche pour gérer les Diables. Même si ce n’est peut-être pas la meilleure solution (mais les autres, comme Rudi Garcia étaient sans doute inabordables), la fédération a fait preuve d’audace en nommant un entraîneur moderne, offensif et doué avec les médias. Quelques zones d’ombres subsistent mais sur le papier, avec sa nomination, notre sélection passe un cap par rapport à Marc Wilmots.

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