Beyoncé au stade roi Baudouin : loin, très loin au-dessus de la concurrence

Queen B a prouvé ce dimanche qu'elle est la plus grande pop star de la planète. Show, performance vocale, tubes, messages... Tout y était. On vous résume tout ça.

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Le show

Pour sa première tournée mondiale des stades, Beyoncé fait preuve d’ingéniosité. Sans pour autant tomber dans la surenchère façon Muse ou U2, sa mise en scène est impressionnante. D’abord, il y a cet immense parallélépipède rectangle d’une quarantaine de mètres de haut qui occupe tout l’arrière du podium. Un truc futuriste. Un truc de dingue. Il diffuse non stop des images de la chanteuse, même lorsqu’elle part se changer dans les coulisses. Beyoncé en Queen, Beyoncé maman, Beyoncé épouse, Beyoncé glamour, Beyoncé à la plage, en cuir, à moitié nue… Régulièrement, cette immense masse se fend en deux pour laisser apparaître des danseuses, des accessoires (un trône, un canapé…), voire des rayons lasers. Devant la scène, un long catwalk qu’elle va souvent emprunter avec sa troupe et une second podium en plein milieu du public. Minimaliste et géant à la fois.  Il est là, le paradoxe Beyoncé.

Le répertoire

Il n’évolue guère au cours de cette Formation World Tour, mais c’est de la balle. R&B, pop, électro, gospel, soul, funk et même country avec Daddy Lessons, extrait de « Lemonade », qui déclenche l’hystérie… Beyoncé explore tous les courants de la musique populaire et y impose à chaque fois sa signature. Le gros de « Lemonade » y passe. Elle se permet d’écourter de gros tubes (une trop brève version a capella de Irreplaceable, un Drunk in love qui s’achève quand on aurait voulu qu’il décolle). Beyoncé zappe également Singles Ladies et Say my name. Par contre, elle reprend Destiny’s Child (Bootylicious, Survivor) et rend un double hommage à Prince: une reprise parfaite de The Beautiful Ones et une version audio de Purple Rain éclairé comme il se doit de pourpre. Trop beau. Stromae, qui était assis dans la Tribune 3 à quelques mètres de nous, aura apprécié.

La performance

C’est là que Beyoncé  dépasse toute le monde. Elle chante, elle danse, elle bouge, elle ne s’arrête jamais. Elle incarne à la fois la Femme et toutes les femmes. Elle allie perfection et émotion. Elle sait se montrer sexy sans jamais tomber dans la provoc’ ou la vulgarité. Elle ouvre devant 60.000 personnes son album de famille mais sait aussi rester en total contrôle de son image. Elle est pro, joue autant pour le public que pour les grands écrans, mais a aussi ces petites attitudes qui montrent que, eh ben oui, Beyoncé s’amuse et profite de l’instant présent. Du grand art.

Le message

Ici aussi, Beyoncé dépasse les autres. Beyoncé ne fait pas que dans l’entertainment. Pour ceux qui y prêtent attention, elle balance ses slogans féministes sur plusieurs refrains et monte aux barricades. Et les femmes, plus que majoritaires dans l’enceinte du stade roi Baudouin, reçoivent le message cinq sur cinq. Son groupe est entièrement composé de filles. Que des Blacks. Elle n’a que des danseuses autour d’elle et sur l’intro de Formation, premier morceau de son concert qui dure près de deux heures, c’est en général d’armée de « women » qu’elle arrive, chapeau et body noir, pour conquérir le monde: la démarche fière et la gestuelle déterminée pour faire plier l’ennemi.

Le coup de grâce

Avec Beyoncé, il se passe quelque chose à chaque chanson, ça monte en crescendo et le final est tout simplement à couper le souffle. D’habitude à ce genre de concert de masse, une partie du public commence à quitter le stade avant le rappel pour ne pas tomber dans les embouteillages de retour. Pour Beyoncé, tout le monde reste à sa place jusqu’à la dernière seconde. Et c’est du jamais vu. En un coup de baguette magique, la scène centrale se transforme en piscine. Avec ses douze danseuses, Beyoncé saute dans l’eau. Elles en ont jusqu’aux genoux, éclaboussent les caméras, se lancent dans une chorégraphie tonitruante. C’est Joséphine Baker en version futuriste. Pendant dix minutes à couper le souffle, Beyoncé enchaîne Freedom, Survivor, End Of Time et Halo. La messe est dite. Il n’y a pas photo. Beyoncé est la plus grande pop star de la planète. Point. Le concert de l’été avec ceux de Bruce Springsteen et PJ Harvey.

PHOTO: Parkwood Entertainement

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