Les nouvelles frontières du réel

Le jeu Pokémon Go vient d’inaugurer le règne de la réalité augmentée, une technologie aux possibilités véritablement révolutionnaires. Du moment qu’on ne les exploite pas uniquement pour leur seul potentiel commercial... 

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Faudra-t-il une nouvelle loi pour établir les  limites “virtuelles” de l’espace public? On s’interroge depuis l’arrivée de l’application Pokémon Go chez nous. D’autant que d’autres initiatives, similaires et tout aussi commerciales, s’apprêtent sans doute     elles aussi à prendre nos rues d’assaut. Comme partout dans le monde, depuis deux semaines, la grande fontaine du Parc du Cinquantenaire, à Bruxelles, est prise d’assaut par une petite dizaine d’individus. Ce sont des dresseurs de Pokémon, ces créatures imaginaires créées par la société Nintendo en 1996. Mais rien dans leur accoutrement ne le laisse paraître. Car tout se passe dans leur smartphone. Le principe de Pokémon Go est d’une simplicité désarmante, de celle qui fait les vraies révolutions technologiques. Sur leur écran, les joueurs sont représentés par un personnage virtuel qui se déplace au même rythme qu’eux sur une carte géolocalisée reprenant la topographie réelle des lieux: rues, places, parcs, etc. Quand une bestiole apparaît à l’écran, il suffit de le toucher pour activer la caméra et la voir gigoter en face de vous, sur le trottoir ou votre table à manger, prête à rejoindre votre collection. Plus les dresseurs en attrapent, plus ils sont puissants et peuvent contrôler d’arènes. Celles-ci correspondent à de vrais lieux. La fontaine du Cinquantenaire en est une. Le Palais de Justice de Bruxelles aussi. Pour la piquer à son locataire, il suffit de le réduire en poussière en faisant combattre son armée.

Le jeu s’inscrit pleinement dans ce qu’on appelle la réalité augmentée, une technologie consistant à ajouter des éléments virtuels à un environnement réel, comme, par exemple, connaître le nom de votre voisin en posant le regard sur lui ou la recette d’un plat commandé au restaurant. “Pokémon Go n’est pas tellement plus élaboré que ça, commente Juan Bossicard, responsable du secteur des technologies de l’information et de la communication au sein de l’agence de soutien à l’entreprenariat impulse.brussels. Ce buzz peut paraître étonnant, car Niantic, qui a développé l’appli avec Nintendo, avait déjà sorti un jeu similaire il y a deux ans. Ça avait été un flop. En fusionnant la réalité augmentée et la licence Pokémon, ils ont fait un gros coup. Néanmoins, il ne s’agit que d’un système de géolocalisation basé sur Google Maps et du rajout de gimmicks via la caméra. Plusieurs start-up belges auraient pu le faire.” 

La suite du dossier dans le Moustique à lire sur kiosque.moustique.be dès le 27 juillet 2016

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