Francofolies de Spa 2016 : le bilan final

Les artistes belges, le site et la sécurité au top. La météo et les chiffres de fréquentation plus mitigés. Il faudra un souffle nouveau dans la programmation l'année prochaine.

mustii

La 23e édition des Francofolies de Spa s’est clôturée ce samedi soir sous la pluie par un concert en apothéose de Puggy qui avait, pour l’occasion, invité Alice On The Roof pour un duo inédit (la reprise de Please please, let me get what I want de The Smiths). On vous résume tout ça.

 

180.000 spectateurs.

Les organisateurs estiment la fréquentation à 180.000 spectateurs du 19 au 23 juillet. C’est 10.000 personnes de plus que lors de l’édition 2015 qui comptait un jour de moins. Les organisateurs ne cachent pas qu’ils espéraient plus. Ils invoquent le climat anxiogène, la météo «difficile » du week-end et une baisse des ventes de tickets de dernière minute suite à l’attentat de Nice. Pour tout observateur habitué des Francofolies, il était flagrant de constater la chute de fréquentation lors des trois premières journées de festival. C’était même plus que tristounet le 21 juillet. « Nous avons connu un début de festival assez compliqué », analyse Charles Gardier, organisateur du festival. « Les ventes de dernières minutes n’ont pas marché durant les trois premiers jours cette année. Heureusement, elles ont à nouveau décollé vendredi et samedi. Par contre, on a eu la chance que les préventes ont très bien marché et on a donc toujours eu du monde à Spa même si les festivaliers étaient moins nombreux durant les trois premiers jours. Le 21 juillet a été un jour de stress et beaucoup de gens ne sont pas venus suite au contexte général actuel. »

Les Belges au top

Ghinzu, Alice On The Roof, Puggy. Que des Belges, que du bonheur. Non seulement, ils ont à chaque fois attiré la toute grosse foule au village Francofou où ils avaient le statut de tête d’affiche ces jeudi 21, vendredi 22 et samedi 23 juillet, mais ils ont livré des prestations étincelantes. Gros succès aussi pour les Liégeois de Dan San et Roscoe.Chapeau pour le concert héroïque de Suarez sous l’orage et respect total pour les vétérans Sttellla, Marka et Le Grand Jojo qui fédèrent autant qu’ils assurent.

Les révélations : Mustii et Rive

Déjà présent en 2015 (bien vu les Francos), Mustii a fait l’unanimité après sa prestation en ouverture de festival. Le jeune auteur, compositeur, interprète et comédien (on l’a vu dans La Trève) est talentueux. Il est intelligent et il a un charisme inné pour aller chercher la foule. Il publie un nouveau single à la rentrée et s’offre un Cirque Royal dans la foulée le 21 octobre. Son premier album est, quant à lui, annoncé pour début 2017. Histoire de vous faire patienter, on vous offre ci-dessous le très joli clip de Safety Zone réalisé en collaboration avec Sabam Culture. C’est la star de la prochaine saison. A Moustique, nous sommes très contents de cette reconnaissance pour Mustii car on vous en parle depuis longtemps. C’est aussi le cas du duo Rive que nous avions placé dans notre liste des 10 concerts à voir lors de cette édition. Ce duo mixte bruxellois a remporté haut la main le concours Franco’Off et c’est parfaitement mérité.

Un site plus fluide et parfaitement sécurisé

Le Village Francofou a été entièrement réaménagé et c’est une réussite. Non seulement, on y circule plus facilement, mais la nouvelle disposition des scènes optimalise la convivialité entre des infrabasses balancées par les dj’s de la Red Bull Elektropedia Stage et les concerts plus intimistes. Comme dans tous les événements culturels, les contrôles étaient renforcés à Spa et tout c’est passé dans le calme, la compréhension et la bonne humeur. Comme à Dour, comme aux Ardentes, on a beaucoup apprécié la politesse des services d’ordre et la patience du public.

Un peu plus d’audace en 2017

On ne va pas se faire des amis mais nous assumons.  Cette édition a cruellement manqué d’audace. Pour nous c’est aussi l’une des raisons expliquant l’affluence mitigée. Esperanzah ou le Dour Festival, pour ne citer que deux exemples, font face au même climat anxiogène, mais voient pourtant leur affluence exploser, tout simplement parce que leur programmation est de qualité. Ces deux festivals innovent tout en gardant leur identité. Alors, oui, c’est toujours cool de revoir à Spa (presque) chaque année Machiavel, Marka, Suarez, Obispo, Sttellla et Dj Didjé. Oui, c’est un événement d’accueillir Michel Polnareff ou encore Ghinzu pour l’une de ses rares prestations cet été. Mais où sont les Christophe, Miossec, Keren Ann, Benjamin Biolay, Feu Chatterton !, La Femme, Nekfeu, Fakear et Ibrahim Malouf qui ont tous sorti des albums pertinents ces derniers mois? La plupart ont joué aux Francos de la Rochelle et de Montréal. Aucun d’entre eux n’était là à Spa. La programmation électro de cette édition était franchement pauvre et les Francos sont complètement passées à côté de la nouvelle scène hip-hop francophone belge qui explose de partout. Mais c’est aussi de la chanson française et c’est même parfois plus  poétique que les Charlots. Plutôt que d’applaudir les Hamza, G.A.N et autre Romeo Elvis, on a eu droit au Village Francofou à Daddy K et Doc Gynéco. Pfff… On a connu des éditions plus défricheuses.

PHOTO: Jean-Raphaël Marot

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