Fakear: planche de salut

Le jeune producteur normand amène enfin l’électro française ailleurs que sur le dancefloor. Très malin.

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 Comme souvent en électro, Fakear a construit sa flatteuse réputation en arpentant les scènes des festivals (Eurosonic, Nuits Botanique, Eurockéennes) et en façonnant des EP avant de s’attaquer au long format. Après un buzz qui dure maintenant depuis deux ans, Théo Le Vigoureux – son vrai nom – sort de sa cage avec “ Animal ”, disque copieux mais irrésistible. Ceux qui ont suivi le producteur normand retrouveront son ADN comme ils seront séduits par sa capacité à nous emmener chaque fois plus loin. Partisan d’une électro épurée, influencée par la musique orientale (cf. son EP “ Morning In Japan ”) et particulièrement bien inspiré dans le choix de ses vocalistes, Fakear séduit de bout en bout. Avec son timbre croisant le Jon Anderson de Yes et la somptueuse Lou Rhodes de Lamb, Rae Morris se distingue particulièrement sur Silver et Leaving Tokyo.
On peut danser sur ses compositions charnelles mais elles poussent aussi à la méditation (La lune rousse, My Own Sun, Animal) et invitent au voyage (Ankara, le bien nommé Le chant du monde). Avec son comparse Superpoze, également de Normandie et à l’affiche du Dour Festival, ce jeune rêveur impose une nouvelle manière de concevoir l’électro en France. Fils de musicien et diplômé en musicologie, Fakear oublie de ressasser les tics french touch et ne se préoccupe pas de tomber parfois pas très loin du trip new age. “ Animal ” est même le disque qui plaira autant au fan de Kitaro qu’à celui de Air. 

“ ANIMAL ”, Fakear, Universal. Le 17/7 au Dour Festival.

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