Les Ardentes sous les flammes de Nekfeu

Future et Nekfeu ont fait souffler un vent de folie pour clôturer l'édition 2016 du festival liégeois.

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Viendra, viendra pas. Après l’annulation d’une partie de sa tournée européenne, on était en droit de se poser des questions quant à la venue de Future ce dimanche aux Ardentes. D’autant que les rumeurs annonçaient son absence. Mais le lascar d’Atlanta a maintenu ses engagements. Dreadlocks blondes, tee shirt barré du label « Egoïste » et lunettes de soleil, le rappeur s’engage sur la scène de l’open air comme dans un combat de boxe qu’il aurait déjà remporté, seulement backé par son DJ. Dans ces circonstances, pas besoin d’en faire trop. Et c’est déjà suffisant. Dopé à l’autotune, le prodige de la scène hip-hop déroule ses couplets avec toute l’amertume qu’on lui connaît. Outre-Atlantique, c’est notamment cette noirceur déguisée par des couches de frime, dont l’étalage des drogues, des marques de luxe et des poulettes qu’il consomme, qui a fait son aura. En live, sans les atours de ses clips, le mélange est encore plus intéressant. Dans la foule, nombre de gens avouent ne s’être déplacés aux Ardentes que pour lui. Ils ne sont pas déçus. L’ambiance est électrique, extrêmement dansante. Ultra-prolifique, Future a la matière pour tenir sur deux heures de show, facile. Il déroule son flow lunaire sur Thought It Was a Drough, Move That Dope ou encore Same Damn avec envie. Mais c’est surtout sur l’explosif Wicked, sa pluie de confettis et son beat enivrant que le spectacle atteint son apogée. On a déjà hâte de le retrouver.

Même endroit, une heure plus tard. Nekfeu, tête d’affiche du dimanche, se fait attendre. La finale (perdue) de la France face au Portugal n’y est pas pour rien. Le temps pour la foule de chambrer un peu les Français sur leur score à l’Euro dans un esprit revanchard et voilà qu’enfin le rappeur du XIVème arrondissement de Paris débarque, muni de sa veste fétiche, inspirée de l’esthétique de Drive. Il a la voix cassée, mais l’énergie d’un lion en cage sur sa scène XXL. Ecrans géants, estrades, promontoires, danseurs,… Le rappeur français a le dispositif scénique le plus ricain du festival, et ce malgré la venue de quelques monstres made in USA. On mesure l’évolution fulgurante depuis sa première fois aux Ardentes en 2011 avec la formation 1995. C’était d’ailleurs son tout premier festival. Et le MC ne manque pas de le rappeler à la foule, manifestement ravie de le retrouver.

Mais Nekfeu n’est pas venu seul. Loin de là. Il a embarqué toute sa clique dans le tour bus de son « Feu Tour ». Chose habituelle, son pote Doums de l’Entourage est là d’emblée pour le backer sur Martin Eden. Après le démentiel Tempête et son double mosh pit, Sneazzy et Alpha Wann de 1995 font également leur entrée. Les membres du S-Crew se sont aussi déplacés pour balancer quelques titres de leur tout dernier album, « Destins Liés ». Ajoutons à ça la venue d’SPri Noir pour le titre Ma Dope ou encore l’excellent DJ Elite et vous aurez une idée de l’armada qui a fait vibrer l’open air des Ardentes. C’est l’une des principales qualités de Nekfeu, au lieu de se contenter de son succès et de régner seul, le parisien fait rayonner les projecteurs sur ses potes d’enfance et d’adolescence. Ceux en qui il croit. Face à tant d’énergie, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Surtout pas à l’écoute de Princesse et de Reuf (sans Ed Sheeran, faut pas déconner), qui font hurler l’assemblée à tout rompre. Et puis… Clac. Il est minuit trente, le micro se coupe, le temps est écoulé. Les Ardentes ont pris la décision d’arrêter le show. Du coup, pas de grand final, pas de bateau gonflable non plus, qui coule dans le public, mais un superbe au revoir sans le moindre son. Sur l’allée centrale, tous les potes de Nekfeu sont là, acclamés par les festivaliers.

Photo : Vincent « Kmeron » Philbert

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