Pharrell Williams fait vibrer les Ardentes

Après une première demi-heure de concert un peu décevante, l'artiste américain a transformé la plaine de l'open air en chorale géante
 

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Liège, ce n’est pas une première pour Pharrell Williams. En 2010 déjà – période avant Happy comme on dirait avant J.C.- l’américain foulait les planches de l’open air des Ardentes avec son groupe N.E.R.D. Sauf qu’il n’était pas la tête d’affiche de la journée, que la foule était moins compacte… Et qu’il y avait un peu plus d’âme dans son show. Star incontestée de ce samedi, c’est en formule solo qu’il débarque, face à une plaine bourrée à craquer. On aurait aimé le voir débarquer un peu looké, avec au choix, un chapeau sur la tête. Au lieu de ça, on aura droit à l’ensemble jogging-casquette du dimanche soir. Bon, pas un jogging rabougri, ça reste Pharrell, mais quand même.

Déplacé avec toute une armada de danseuses, le chanteur américain, en pleine tournée des festivals, semble usé. Crevé. Lui qui affiche toujours une baby-face (malgré ses 43 ans) et un sourire taquin d’habitude ne semble rêver qu’à une chose : rejoindre son lit. Résultat le morceau d’ouverture, Lose Yourself To Dance, petite tuerie pour se mettre en jambe, passe complètement à la trappe. La foule est stone, et ce malgré la satisfaction de (re)voir la méga star américaine. Même schéma avec le sensuel Frontin’, complètement dépossédé, et enfin avec Brand New ou encore Come Get it Bae. Il faudra finalement attendre le medley Can I Have It Like That / Grindin’ / Nothin’ / Move that Dope / Pass the Courvoisier pour que l’ambiance se réveille un peu, timidement.

Bien compartimenté, le show de Pharrell Williams est construit comme un puzzle de quatre pièces. Le premier avec quelques morceaux connus, mais qui ne sont pas forcément de première fraîcheur et n’ont pas eu un succès retentissant, le deuxième avec les titres en featuring et le troisième avec la phase funk-rock de N.E.R.D Comme le chanteur l’annonce, il faut savoir revenir aux bases. Et l’idée est excellente. Venu avec Shay Haley, ancien membre de la formation, dans sa valise, Pharrell semble enfin prendre son pied avec Anti Matter ou Everyone Nose. Il invite d’ailleurs une bonne dizaine de fans (dont Bigflo & Oli) à le rejoindre sur scène pour mettre le bordel. La sauce commence à prendre, la foule à bouger et les sourires à s’afficher. Le reste de la setlist, qui comprend Bobby James, Lapdance ou She Wants To Move, n’est que du pur plaisir. Après un petit interlude opéré par ses danseuses, les BAES, vient la phase 4. La pièce essentielle du puzzle: celle des gros tubes qui l’ont fait exploser. En rayon, on compte à la suite It Girl, Drop It Like It’s Hot, Blurred Lines ou encore Get Lucky. Le public des Ardentes s’embrase enfin au bout d’une bonne heure de show. Autant dire qu’il est chauffé à bloc quand le maître du cool se lance dans Happy, repris en choeur par toute l’assemblée, puis entonne Freedom comme une hymne nationale. Le moment est fort, prenant. Et l’artillerie lourde, il faut bien l’avouer.

Photo : Vincent « Kmeron » Philbert

 

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