Couleur Café c’est Chic

 

Malgré la pluie et la désillusion des Diables Rouges, le public a trouvé son plaisir grâce au groove de Nile Rodgers.

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«C’est dur de jouer contre ça», déclarait Nile Rodgers quelques minutes après sa prestation ce vendredi à Tour & Taxis. «Ça», c’était la drache qui n’a cessé de tomber pendant le concert de Chic. Pourtant, vu du public, enfin vu du public qui a bravé les conditions météo plutôt que de se réfugier sous un des chapiteaux colorés plus accueillants de Couleur Café, le vétéran funk et son groupe pléthorique avaient fière allure. Étincelant dans son costume blanc immaculé et avec ses dreads lui descendant sous les épaules, Nile Rodgers a rendu pendant nonante minutes un vibrant hommage à Rodgers. «Tout ce que vous allez entendre ce soir, je l’ai écrit» dit-il modestement. Mais c’est la stricte vérité. Percé de ses riffs de guitare groovy clairement identifiables, boostés par des cuivres endiablés, caressés par les spasmes vocaux de ses choristes, ses morceaux claquent toujours. Everybody dance , Le Freak, I want your love, Good times, mais aussi Upside down et I’m coming out écrit avec son comparse Bernard Edwards pour Diana Ross, We are family (Sister Sledge), Get lucky (Daft Punk) ou encore le blockbuster Let’s Dance façonné avec David Bowie en 1983: c’est un juke-box spécial boules à facettes qu’il a balancé.

 

Pour l’anecdote, on signalera que c’est au moment où Nile Rodgers a balancé l’intro de Chic Cheer que Radja ‘Ninja’ Nainggolan a inscrit le but des Belges. Mais c’est juste pour l’anecdote, hein… Après son concert, Nile Rodgers est allé à la rencontre de ses fans dans la tente VIP où il s’est prêté avec beaucoup de générosité au jeu des selfies et autographes. Entre deux clichés, on a pris des nouvelles du nouvel album de Chic en chantier depuis plusieurs années. «It’s coming soon, it’s coming soon , nous a répondu Nile. Ça arrive pour bientôt, ça arrive pour bientôt. Nous avons déjà entendu ça…

 

Pour le reste, nous avons particulièrement été séduits par G.A.N., parfait symbole du renouveau du hip-hop francophone. Originaire de la République démocratique du Congo mais établi en Belgique, il vient de publier l’excellent «Texte symbole», son deuxième album qui bénificie du soutien du géant Universal. G.A.N a pour lui une plume poétique largement au-dessus de la moyenne, un songwriting qui sort des clichés rap, un flow hypnotique et une diction parfaite. Le garçon a aussi le mérite de ne pas se limiter au traditionnel DJ/MC sur scène. La présence d’un vrai batteur live et de la chanteuse Camille Yembe au timbre soul particulièrement bluffant apportent beaucoup de nuance à son live. Il se lancera dans une tournée à la rentrée, avec une escale prévue au Botanique. Allez l’écouter, il le mérite…

Sous le chapiteau Univers, c’est avec plaisir que nous retrouvons Ibeyi qui ne cesse de passer et repasser chez nous. Les sœurs jumelles Lisa-Kainé et Naomi Diaz débutent sur un mode mineur devant un public disparate mais mettent très vite les curieux dans leur poche. Leur cocktail est à la fois original et subtilement dosé: harmonies vocales, chants en anglais et en yoruba, beats électro discrets et toujours cette façon très originale de rythmer leurs mélodies avec le cajon traditionnel, caisse de résonance qui servait jadis d’instrument aux esclaves.

Rappelons que cette édition « difficile » de Couleur Café se poursuit jusqu’à dimanche. Il reste encore des places. L’année prochaine, Couleur Café devrait renaître sur un nouveau site avec une formule repensée.

PHOTO: COULEUR CAFE/LEEN VAN LAETHEM

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