Paul McCartney étincelant dans la nuit de Werchter

Eternel adolescent de 74 ans,  le bassiste de Liverpool  a fédéré les générations ce jeudi en ouverture du festival de Rock Werchter avec un concert best of d'une rare générosité.

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Merci sir Paul McCartney! Grâce à votre bonne humeur, votre générosité, vos clins d’œil à vos amis disparus, vos chansons intemporelles et votre maîtrise musicale, vous nous avez fait oublier le chaos sur les routes menant à Werchter, la boue, l’humidité, les moustiques, la blessure de Jan Vertonghen et bien d’autres choses encore. Oui, mille fois merci, thank you et maximum respect…

Paul McCartney sur scène en 2016, c’est du bonheur et rien que du bonheur. En deux heures et quart de concert, il balaie cinquante ans de carrière sans rien oublier, entouré de ses quatre musiciens aussi hilares que lui. De A hard day’s night en ouverture à une version de Hey Jude reprise jusqu’au bout de la nuit par 60.000 personnes. De sa toute première chanson enregistrée «pour  5 pounds » lorsque les Beatles s’appelaient encore The Quarrymen (In spite of all the danger) à FourFiveSeconds créée voici quelques mois avec Rihanna et Kayne West, c’est un véritable juke-box (31 chansons au total!) qu’Oncle Paul nous sort. Et avec le sourire, les interventions en néerlandais et les blagues en prime. Pour Love me do, dédié au cinquième Beatle George Martin, McCartney raconte et mime sa trouille en studio lorsqu’il a enregistré ce hit à l’aube des sixties. Sur le merveilleux Something chanté en s’accompagnant d’un ukulélé, c’est George qui est salué et apparaît en fond d’écran. John se voit offrir Here Today. Sa femme actuelle Nancy, Linda, Jimi Hendrix sur un écho de Foxy Lady et même Scotty Moore, le guitariste d’Elvis Presley qui s’est éteint voici deux jours, ont tous droit à un hommage.

Chemise blanche et mèches toujours rebelles, sir Paul dégaine sa célèbre basse, empoigne une guitare électrique, passe derrière le piano où il n’oublie pas  de chanter Let It Be. Il invite à la farandole sur le poussif Ob-la-di Ob-la-da, envoie dans le ciel maussade grandes bleues, fumigènes  et délires pyrotechniques sur Live and let die, rappelle avec le magnifique Blackbird que les Beatles ont aussi écrit de belles chansons conscientisées et s’amuse comme un gamin lorsqu’il entend au loin les infrabasses du duo Sigma Live qui joue à deux cent mètres de là sous le chapiteau KlubC. Et quand on croit qu’il a tout donné, il revient encore pour enchaîner Golden slumbers, Carry that weight et The End, soit les trois dernières plages de l’album « Abbey Road ». Un grand concert, un grand moment. Une soirée inoubliable… Encore une fois, merci sir Paul.

PHOTO SOPHIE DELAPIERRE

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