Dour Festival – Le son d’hier, d’aujourd’hui et de demain

Pendant cinq jours, du 13 au 17 juillet, le site de la Machine à Feu s'impose comme le rendez-vous des musiques alternatives.

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Quand on parle des festivals d’été, impossible de ne pas planter sa tente aux pieds des fameux terrils situés à quelques enjambées de la Plaine de la Machine à Feu. Véritable institution en la matière, le Dour Festival a réussi à s’adapter aux évolutions du marché, à conserver son identité au fil des années, tout en s’imposant comme une valeur sûre du paysage estival. Comme à son habitude, l’événement propose une programmation gargantuesque et une affiche kilométrique. Ici, les noms se bousculent dans tous les genres et, sur le site, les gens se pressent dans tous les sens. Avec plus de 250 groupes programmés, la manifestation tient véritablement du marathon.

A côté du rock, du reggae, du hip-hop ou de la chanson, Dour peut se targuer d’un rayon électronique particulièrement bien fourni et terriblement excitant. Ainsi, tout en haut de l’affiche, ce sont les vétérans d’Underworld (photo) et The Prodigy qui assurent le spectacle. « Les temps changent. Rien n’est figé », affirme pourtant Liam Howlett, aux commandes du combo punk/électro depuis un quart de siècle. « Les genres musicaux évoluent. Certaines personnes se complaisent dans le passé… Moi, je ne suis pas comme ça. Je n’habite pas à « rétro-ville ». J’ai connu l’esprit originel de la rave. À l’époque, on débarquait dans un entrepôt désaffecté, on branchait nos machines à l’arrache et on balançait du gros son. C’était cool. Mais tout ça, c’est de l’histoire ancienne… En Angleterre, le mouvement a perdu son âme, son côté spontané. Par contre, dans d’autres pays, la culture rave subsiste. Disons qu’elle s’est adaptée à l’air du temps. Aujourd’hui, les musiques électroniques ne se rassemblent plus dans un lieu tenu secret. L’électro n’est plus une « secte ». C’est un courant établi qui se danse dans des événements organisés de façon moins officieuse. »

Dans le genre, la programmation officielle du Dour Festival fait fort. De jour comme de nuit, les huit scènes ouvertes au public offrent matières à danser. Déjà, il y a la Jupiler Dance Hall, temple des amateurs de beats tout-terrain où l’on se réjouit de croiser Mr. Oizo, Etienne de Crécy, Club Cheval, Four Tet ou le Canadien Richie Hawtin, véritable dieu vivant de la techno.

Aux abords de la Boombox, l’heure est plutôt aux nouvelles tendances. Les sons futuristes de Lunice et SOPHIE, par exemple, ont d’ailleurs quelques longueurs d’avance sur l’actualité. Même la Cannibal Stage, habituellement réservée aux rockeurs tatoués, passe aux mains des DJ’s une fois la nuit tombée. L’occasion de bouger ses cheveux en rythme sur les hymnes robotiques de Comah ou Venetian Snares.

Avec la Red Bull Elektropedia Balzaal, vaste dancefloor à ciel ouvert, l’événement hennuyer possède même quelques arguments pour détrôner l’affiche bariolée de Tomorrowland. Loin des décorums bubble-gums et de toutes mises en scène féériques, l’endroit est rapidement devenu le rendez-vous préféré des clubbers de tous poils. House, techno, dubstep ou drum and bass: on célèbre ici l’électro dans toute sa diversité en dansant les bras en l’air et, le plus souvent, la tête à l’envers. Cette année, pour remuer du popotin jusqu’au petit matin, on s’en remet volontiers aux idées éclairées de Ben Klock, Roni Size, Popof, Boris Brejcha, John Talabot, Maceo Plex ou Maya Jane Coles. Soit le gratin du monde de la nuit. Encore mieux qu’une virée nocturne à Berlin.

Pour la 28ème édition, les organisateurs du festival ouvrent également les portes d’une autre piste de danse: la Cubanisto Dancing, une petite nouveauté qui présage de grandes fêtes. Sorte de cabinet expérimental, cette scène de 1.500 personnes se veut parfaitement en phase avec l’A.D.N. de Dour: un lieu de rencontres placé sous le signe de la découverte et d’une bonne humeur joyeusement dévergondée. Cairo Liberation Front, Poirier, Bonnie Banane, DC Salas et autres Surfing Leons trouvent ici un terrain de jeu à taille humaine. Chaque jour, pour donner le coup d’envoi des festivités, le groupe parisien Salut c’est cool est attendu sous la Cubanisto Dancing avec un set de trois heures façon soundsystem. Une initiative qui vient confirmer qu’à Dour, de la rave à la réalité, il n’y a qu’un pas (de danse). À franchir, sans hésiter.

Dour Festival, du 13 au 17 juillet

www.dourfestival.be

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