Alice on the Roof: “on me dit que je dois faire ma star…”

Présente dans pas moins de sept festivals belges cet été, la jeune chanteuse montoise fait l’apprentissage de la célébrité.

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Le conte de fées se poursuit pour Alice On The Roof. Sorti la veille de son vingt et unième anniversaire, son premier album “Higher” poursuit sa carrière en Fédération Wallonie-Bruxelles, mais aussi en Flandre, en France et aux Pays-Bas, où elle est notamment attendue en concert à la rentrée. Déjà à l’affiche des festivals l’été dernier sous le statut “outsider”, la chanteuse et pianiste montoise s’affirme en conquérante ces prochaines semaines. Werchter, Ardentes, Francos, Ronquières… Ce sont des dizaines de milliers de personnes, toutes générations confondues, qui pourront se rendre compte de sa bluffante métamorphose. Ce qui ne l’empêche pas de garder une spontanéité naturelle rare dans ce métier.
Abordez-vous la saison des festivals 2016 comme vous l’aviez abordée l’année dernière?
ALICE DUTOIT – Non, l’état d’esprit n’est plus le même. En 2015, j’étais vraiment angoissée à l’idée de me produire dans ces grands rassemblements. Il m’arrivait de mal dormir comme ce fut le cas plusieurs nuits qui ont précédé les Ardentes. Je me posais des tas de questions, je cherchais l’approbation de mon entourage pour me rassurer. Avec l’expérience, je me rends compte que les concerts qui se passent le mieux sont ceux où je suis la plus décontractée en amont. Et lorsqu’il y a de la pression aujourd’hui, j’essaie de la gérer seule. Dans ce milieu, on peut souvent se focaliser sur des petits détails techniques que le public ne perçoit pas. J’essaie de faire abstraction de tout ça. Je me dis: “Reste cool, amuse-toi ”.
Est-ce qu’il y a une petite phrase que vous vous répétez avant de monter sur scène?
A.D. – “Pense à la musique ”. C’est une phrase que je me répétais déjà lorsque j’étais aux cours de solfège.
Est-ce qu’il y a des dates cet été pour lesquelles vous sentez une pression particulière?
A.D. – Je reviens cette année aux Ardentes, à Liège, et aux Francofolies de Spa où j’ai déjà joué en 2015. Cette fois, je suis plus haut dans l’affiche, je sais que j’y suis attendue et qu’on fera la comparaison avec mes prestations de l’année dernière. Rock Werchter est aussi une date particulière. Comme spectatrice, je n’y ai jamais été. Mon seul souvenir c’est d’avoir entendu les clameurs de la foule alors que je me trouvais dans le jardin d’une copine qui habite pas loin du site. Tout le monde me dit que c’est big. Même dans le milieu des artistes, on n’arrête pas de me répéter que c’est le plus gros festival du monde et que les enjeux sont énormes. Tous les médias sont présents. J’ai déjà plein d’interviews programmées ce jour-là avec la presse flamande mais je compte aussi me balader pour voir des concerts. Comme je joue en début d’après-midi le dimanche, j’aurai du temps.
Est-ce que vous prévoyez des surprises sur scène  cet été?
A.D. – On répète beaucoup pour les festivals et il y aura au moins deux surprises: une reprise d’un titre assez disco et une nouvelle chanson plus rythmée que je viens de composer avec Marc Pinilla de Suarez. Je trouvais qu’il manquait un titre plus up-tempo dans mon répertoire de scène.
Quelle est la leçon la plus importante que vous ayez retenue depuis la sortie de votre premier album “Higher”?
A.D. – Le truc le plus important qui ressort de cette expérience, c’est que j’aime vraiment ce que je fais et que je ne veux pas que ça s’arrête. Pour le reste, plus j’avance, plus je me rends compte que faire de la musique en 2016, ce n’est pas seulement chanter et écrire de bons morceaux. Il y a le live, la scénographie, les clips, la promo, les réseaux sociaux, les photos à gérer. Je dois être curieuse dans plein de domaines, avoir une identité et une vision globale du projet.
Qu’avez-vous perdu au cours de ces derniers mois?
A.D. – La peur. Parfois quand je me retrouve avec des copines de mon âge qui paniquent pour des petits trucs de la vie quotidienne, je me dis que j’ai passé ce cap.
Lorsque nous vous avons rencontrée voici un an, vous nous aviez soufflé que votre jeune âge et votre manque d’expérience vous empêchaient parfois de dire non. Vous avez changé?
A.D. – Un de mes musiciens m’a encore dit récemment: “Alice, tu dois faire plus ta star. C’est ton projet, c’est toi qui décides” . L’accueil réservé à Alice On The Roof fait que je suis de plus en plus sollicitée. En France, où je suis signée chez Sony, il y a des directeurs artistiques en cravate, un staff promo qui décortique tout, beaucoup de marketing. Tout est hyper-analysé. J’apprends beaucoup, ça se passe très bien humainement, mais je dois effectivement “jouer ma star” et dire non quand on me propose des trucs dans lesquels je ne me retrouve pas. Mais il y a aussi une manière de dire “non” sans vexer les gens.
 

La suite dans le Moustique du 22 juin 2016

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