Lea Delaria: “Je suis fière d’être une icône lesbienne”

La série carcérale féministe revient en quatrième saison. Lea “Big Boo” DeLaria, une de ses héroïnes emblématiques, évoque la noirceur particulière de ce volet. 
Et son penchant pour l’activisme forcené.

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En pleine tournée de promotion, Lea DeLaria se balade à Berlin avec un sac à dos “gorille”. Quand elle le présente, elle l’accuse d’être “trop méchant pour être une fille – à moins que ce ne soit une nonne”. Le ton est donné… C’est un personnage, cette femme. Presque autant que Big Boo, la prisonnière qu’elle incarne dans la série, et qui va être témoin d’une massive guerre des tribus dans cette saison marquée par l’arrivée de nouvelles détenues et la fin de l’équilibre du microcosme. L’actrice, qui s’amuse depuis toujours de son image de “Roi des lesbiennes”, voit surtout dans la série le débarquement d’une diversité black, blanc, gay, qui dessine la télé couleur du futur.
Quels sont les enjeux de cette saison 4?
LEA DELARIA – Je ne peux rien révéler sur mon personnage, mais je dirais que cette saison creuse plus loin, et de manière plus sombre, dans ce qu’est la vie au sein d’une prison américaine. Il y a beaucoup de douleur. Je suis très curieuse de voir comment les fans vont réagir à ça. Personnellement, je ne l’ai pas encore vue. On voit toujours les épisodes au moment où ils sont mis en ligne sur Netflix, jamais avant!
Elle est plus politique?
L.D. – Je ne crois pas. Elles le sont toutes. Mais peut-être que celle-ci va sembler plus politique car elle aborde un sujet qu’on n’avait pas encore vraiment traité (les tensions communautaires – NDLR). Je suis reconnaissante d’être dans une série qui a le même point de vue politique que moi et qui en parle de manière ouverte, comme je le fais. J’ai l’impression d’être morte et d’être arrivée dans un paradis féministe paresseux.
En quoi est-ce “paresseux”? Différent de vos engagements précédents?
L.D. – Ça touche plus de monde, mais ce n’est pas vraiment différent de ce que je faisais quand je faisais du stand-up. J’ai joué des femmes hétéros, des lesbiennes, des hommes… J’ai tout joué comme actrice, mais en tant qu’activiste je suis extrêmement à gauche et je pense que cette série me convient parfaitement.
Qu’est-ce qui vous convient le plus dans le rôle de Big Boo?
L.D. – Le salaire! Ce revenu régulier est définitivement ce qui me plaît le plus (rire). Je l’aime parce que vous ne voyiez jamais cette femme-là à la télévision avant. J’ai passé ma vie entière à essayer de me voir à la télévision. C’est une des raisons pour lesquelles les gens aiment tant cette série. Ils se voient enfin eux-mêmes. J’adore ça à propos de mon personnage. Des centaines, des milliers, des millions de femmes “butch” (les lesbiennes “bûcheronnes”, à l’allure masculine – NDLR) sont enfin capables de voir un vrai portrait de ce qu’elles sont, à la télé.
Elles vous le disent?
L.D. – Je reçois des centaines de messages tous les jours, je les regarde tous attentivement, et je sais que je ne devrais pas le dire parce que je risque d’en recevoir encore plus, mais j’y réponds à chaque fois. Je suis fière d’être une icône lesbienne, je prends ce rôle très au sérieux, car je sais que je suis le visage des “butch”, et que ces filles viennent vers moi pour me raconter des choses. Elles comptent sur moi.

La suite dans le Moustique du 15 juin et la série disponible dès maintenant sur Netflix

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