Ennemi public: Stéphanie Blanchoud se confie

Rencontre avec Stéphanie Blanchoud, héroïne de la première saison d'Ennemi public, la série pépite de la RTBF

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Le succès d’Ennemi public vous a-t-il surpris?

Stéphanie Blanchoud: Non, dans la mesure où pas j’ai assez vite senti le projet dans lequel on était. On ne sait jamais ce que va donner le résultat final mais j’ai quand même vu la réalisation du pilote. Et je me suis dit que s’ils faisaient de l’aussi bon boulot sur toute la série, ça devrait toucher un public assez large. Le succès ne m’a donc pas tellement surprise. Après, y a eu La Trêve juste avant et ça nous a ouvert une porte. Il y a eu énormément de promotions autour d’eux et comme nous on suivait, on en a profité.

Etre diffusé après La trêve vous a mis une pression supplémentaire?

S.B.: Je n’ai pas tellement ressenti la pression en tant qu’actrice. Elle était plus pour les réalisateurs. En tout cas, j’ai espéré qu’Ennemi public plaise autant que La trêve. En ce qui me concerne, il n’y a jamais de pression négative en ce qui concerne mon travail. Je vois plutôt les choses comme des challenges. La trêve nous a ouvert des portes et nous devions continuer sur cette lancée. On était stressés mais on aurait été dans le même état si il y avait une série qui n’avait pas fonctionné avant. Ca ne nous a pas mis plus la pression d’avoir une série qui cartonne avant, au contraire.

La trêve et Ennemi public ont quelques points communs…

S.B.: C’est vrai que coup sur coup on a eu deux séries policières. Mais ce sont des projets très différents, même si les deux se passent dans les Ardennes. Les différences existent, au niveau de ce que ça raconte, de l’identité visuelle, de la réalisation. Bien sur, il y a des points communs mais c’est difficile de faire autrement en Belgique. Toutes les séries tournées en Belgique finiront bien par avoir des points communs. A moins d’en faire une qui se passe dans la capitale ou à la mer du Nord, il n’y a quand même pas mille régions très excitantes à filmer. 

Votre personnage était difficile à interpréter, elle qui semble si sombre?

S.B.: Chloé est un peu sombre. Je suis plus spontanée qu’elle. Elle et moi avons en commun d’être un peu déconnectées des fois. Il m’arrive souvent de m’entendre dire par d’autres « Hey Steph, redescends sur terre ». Je suis très instinctive, pour me protéger des fois du monde, je me réfugie dans mes pensées. Certains pensent que je fais la gueule, mais c’est juste que je suis ailleurs. Chloé est beaucoup plus introvertie que moi. Elle a un passé beaucoup plus lourd, elle a un rapport aux autres qui n’est pas simple. Elle met tout dans son travail, c’est là qu’elle réussit à tenir. Et dans son boulot, elle fonce et ne met presque pas de sentiments. Et puis y a le côté privé où ca ne va pas du tout. Elle ne gère pas du tout sa vie de tous les jours, ça n’existe presque pas, elle ne veut pas que ça prenne de la place. L’interpréter n’a pas été simple mais ça a été hyper excitant. C’était un rôle hyper éloigné de moi mais il a bien fallu que je lui trouve des points communs ou en tout cas comment raccrocher ce personnage à moi. Je l’ai d’abord travaillée dans mon corps avant d’aborder les scènes qu’elle allait devoir jouer.

Qu’en est-il d’une deuxième saison?

S.B.: Evidemment, il y a la volonté d’une saison 2 mais je pense qu’ils attendent un feu vert. Ca va se décider dans les semaines à venir. Ca a été commandé, c’est donc bien parti. Il y a déjà un planning d’écriture, maintenant on attend les confirmations.

Suite à Ennemi public, avez vous déjà reçu des propositions?

S.B.: Pas directement, parce que ça prend du temps et la série vient seulement d’être diffusée. Les films ne s’écrivent pas tous les jours et les réalisateurs ont besoin de temps pour éventuellement penser à moi. Mais je sens que ça va avoir une retombée. Moi j’ai beaucoup d’images à montrer, ça veut dire que maintenant je peux les montrer. Je n’ai pas de propositions concrètes mais je travaille aussi sur quelques projets. Il y a en tout cas des choses qui se profilent.

Votre exposition dans la série va favoriser votre carrière musicale?

S.B.: Oui, sans doute y aura-t-il plus de monde à mon concert aux Francofolies de Spa. En tout cas, ça donne une vitrine et les gens sont curieux. Et s’ils sont curieux, ils vont voir ce qu’on fait et du coup y a peut-être des gens qui se sont intéressés à ce que je fais musicalement. Maintenant, ce n’est pas comme si mon album sortait maintenant. Je pense que la série va m’aider, que ce soit maintenant ou plus tard, il y a désormais un plus large public qui me connait.

Quelle serait votre décision si vous deviez choisir entre votre carrière d’actrice et la musique?

S.B.: Ca n’arrivera jamais. les choses se mettent en fonction des périodes et des rencontres. Peut-être qu’à un moment pendant trois ans, il n’y a pas de musique et puis que d’un coup pendant deux ans il y en a. La musique a toujours pris moins de place, pas parce que je le voulais mais parce que malheureusement quand on chante en français et qu’on vit en Belgique… Heureusement, je suis à moitié suisse et ca multiplie les dates.

Après les Francos, vous serez également au Festival Paléo…

S.B.: J’ai été hyper heureuse. J’ai été choisie après mon spectacle à Genève. Les organisateurs ont aimé ce que j’ai proposé et voila. Il faut savoir que les Suisses défendent très fort leurs artistes.

Vous avez également écrit une pièce de théâtre, Jackson Bay...

S.B.: Je l’ai écrite il y a deux ans et en ce moment, je travaille la mise en scène. La pièce sera jouée en janvier 2017 à Genève et par la suite au Théâtre Jean Villard pendant une semaine. Y joueront entre autres Philippe Jeusette et Véronique Olni, une dramaturge qui m’a vraiment aidée pour l’écriture de la pièce.

Vous intégrez également votre passion de la boxe dans un autre spectacle…

S.B.: Là ce sera un spectacle beaucoup plus spontané: Je suis un poids plume. C’est un monologue où je raconte l’histoire d’une femme qui se sépare et qui va démarrer un apprentissage de la boxe. La première est prévue pour mars 2017 au Théâtre des Martyrs. J’aurais du le jouer il y a un moment mais j’ai du décaler, à cause du tournage d’Ennemi public.

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