L’Economie du couple

Une déchirure familiale permet à Joachim Lafosse de renaître de ses cendres. Bouleversant.

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On avait quitté Joachim Lafosse sur Les chevaliers blancs, film aussi étrange qu’ambitieux. Avec un résultat final pas totalement abouti. Mais cette fois, victoire, on le retrouve aussi affûté qu’à ses débuts avec Elève Libre et Nue-propriété.

Marie (Bérénice Bejo) vient d’une famille aisée. Avec l’aide de sa mère (Marthe Keller), elle a investi dans une villa que Boris (Cédric Kahn), son désormais ex-mari, a décorée avec un tel soin qu’il lui semble légitime d’être devenu le copropriétaire du bien. Est-ce cette maison qui, insensiblement, les a séparés? En dépit de leur amour pour leurs deux petites filles, Marie et Boris ont décidé de divorcer. Mais pas question de quitter un lieu où ils se sentent, l’un et l’autre, chez eux. Ils y cohabitent, donc. Avec une haine grandissante. Marie ne supporte plus tout ce qu’elle aimait autrefois chez Boris: sa démarche, son infantilisme… Lui, se sent rabaissé comme un valet que l’on ne tolérerait soudain plus à la table des maîtres… « L’argent dans un couple, c’est trop souvent tabou. Car c’est régulièrement un déclencheur de disputes », explique Lafosse. En d’autres termes, il s’agit ici d’attirer le regard sur l’un des mécanismes courants à l’œuvre dans la fin des couples: l’inégalité économique.

Comme toutes les histoires qui se terminent mal en général, L’économie du couple dégage une tonalité généralement triste. Mais arrive aussi à dévoiler de nouvelles perspectives. Joachim Lafosse a parfaitement su saisir cette phase de transition douloureuse entre l’amour et la véritable séparation des corps. Qui marque également le premier jour du reste de la vie. Il en sort donc un entre-deux qui touche au cœur, et dont le souvenir habitera le spectateur pour longtemps. Très fort! 

> L’ECONOMIE DU COUPLE, réalisé par Joachim Lafosse. Avec Bérénice Bejo, Cédric Kahn, Marthe Keller – 100’.

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