Money Monster: le grand show

George Clooney et Julia Roberts réunis par Jodie Foster dans une fable télévisuelle sur l’argent. Redoutablement efficace.

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Retenu dans la « black list » 2014, la fameuse liste noire qui épingle chaque année les meilleurs scénarios en attente à Hollywood, Money Monster déconstruit en un temps record les rouages d’une émission de télé américaine dédiée au fric. En suivant la prise d’otage en direct de Lee Gates, bonimenteur de l’émission éponyme (Clooney, parfait en gourou de la finance pas toujours clean – mais y en a-t-il?), par un jeune déséquilibré qui a tout perdu en Bourse sur ses mauvais conseils (Jack O’Connell, acteur anglais nerveux révélé dans Invincible). Tandis que la productrice Patty (Julia Roberts, impériale) tente de jouer les négociatrices, le thriller se resserre autour d’un financier véreux peu à peu lâché par sa jeune directrice de communication.

Excellemment rythmé, le quatrième long métrage de Jodie Foster réalisatrice continue de creuser l’idée de l’enfermement (après celui de la famille dans Le petit homme, Week-end en famille ou Le complexe du Castor), ici celui que procurent la célébrité et la toute-puissance des médias. La séduction du film tient beaucoup à la complicité évidente qui unit les deux acteurs principaux (Julia Roberts et George Clooney, très potes depuis la série des Ocean’s de Soderbergh). Clooney oscille à merveille entre la bouffonnerie et la prise de conscience morale qui guette le film sans le plomber. Mais attention. Frontal dans l’accusation de la spéculation boursière, Money Monster s’éloigne cependant du réel pamphlet politique à la Occupy Wall Street et reste un divertissement hollywoodien. Fin et critique certes, mais qui veille à ne pas prendre le spectateur à rebrousse-poil, guidé par la voix maternante de Julia Roberts qui chuchote à l’oreille veloutée de Clooney. What else? – J.G.

> MONEY MONSTER, réalisé par Jodie Foster. Avec George Clooney, Julia Roberts et Jack O’Connell – 99’.

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